Course

Trop de données tue l’entrainement?

Dans la course à l’armement du sportif, on nous abreuve de nouvelles métriques soit disant là pour nous faire mieux courir. Ca commence en CAP, avec la cadence, le temps de contact… et pleins d’autres choses que l’on peut afficher sur nos montres. Le vélo, c’est encore pire, car avec l’avènement et la relative démocratisation des capteurs de puissance, on a de nouvelles métriques en veux tu en voila. Et les compteurs se perfectionnant, il est possible maintenant d’afficher 6-7… de ces métriques en roulant. Un coup à finir dans le fossé ou dans une voiture.

Mais en triathlon, une des particularités, c’est l’enchainement des trois sports (et oui, je suis fort pour les révélations chocs). Du coup, on doit avoir un outil pour nous suivre tout le long, et c’est en général une montre bien que certains embarquent un compteur juste pour la partie vélo. Moi, je suis prudent, donc je ne veux pas laisser mon compteur sur le vélo sans surveillance, donc je cours juste avec la montre, et utilise le compteur à l’entrainement. Je me suis alors demandé qu’elles étaient les valeurs dont j’avais vraiment besoin d’avoir pour bien courir/rouler, sachant que je suis limité à 4 lignes sur ma montre, et que j’ai pas envie de changer d’affichage toutes les 5 minutes.

Du coup, sur une séance vélo récente, je me suis lancé avec ma montre, en affichant seulement les watts et le temps pour pouvoir faire comme il faut la séance (des blocs à allure HIM) mais pas d’infos sur la Fc, cadence ou vitesse durant la séance. Et parce que la montre est au poignet, pas vraiment facile de contrôler la puissance tout le temps, donc plutôt une séance faite au feeling, comme cela le sera le jour de la course en fait.

Pour le matos: Polar V800 (vitesse/distance/temps) et ceinture H7 (FC), powermeter Powertap P1 (puissance, cadence et équilibre gauche droite). Objectifs de la séance: 4 blocs d’environ 15′ à allure HIM soit environ 238w en moyenne (85%FTP), enchainé avec une séance cap, la séance ici pour les curieux.

Résultats:

La vitesse = useless.

Les vitesses moyennesDans le monde du vélo, il y a ceux qui ne jurent que par leur compteur de vitesse, et envoie balader toute idée de FC, Puissance ou sensations. Force est de constater que dans cette séance, la vitesse ne reflète que très mal la réalité. Dur de distinguer les période de travail ou de celles de repos, à moins de savoir le dénivelé ou le vent ou encore la sinuosité et le type de revêtement de la route.

 

La puissance et la FC: de bons indicateurs.

Puissance et Fréquence Cardiaque

Pas surprenant, la puissance est pile dedans car je visais une séance basée sur des cibles de puissance. Mais à l’instar de l’ami Rémi, j’ai essayé de faire la séance aux sensations, donc plutôt content de voir que je suis pil poil dans les cibles. La 2 est un peu haute, mais s’explique par un profil un peu ascendant avec des virages et du vent, donc j’ai envoyé un peu plus que prévu tout en restant dans les cibles (hautes). Agréablement surpris par la FC, elles sont 1) assez basses (environ 10bpm des zones de FC), 2) régulières dans les répétitions (1/3/4) et 3) très bien corrélées avec les valeurs de puissance. Que ce soit puissance ou FC, dans des séries assez longues comme ici, les deux peuvent etre utilisées pour juger de l’intensité de l’exercice. Après, j’ai un cœur qui réponds assez vite à l’exercice pour monter dans les tours, comme pour redescendre à condition que je ne me sois pas cramé bien sur.

Les autres données de Geek: Cadence et Équilibre Gauche Droite.

CadEquiAlors la, on rentre dans le plus ou moins scientifique.
La cadence, nombreux sont ceux qui ne jurent que par ça, avec des valeurs de plus de 90 quoiqu’il arrive, d’autres par de la force, et d’autres par une cadence propre à chacun. Dans mon exercice à l’aveugle (pas de valeurs affichées), je m’aperçois avec surprise que naturellement, j’ai une cadence au dessus de 90, je m’attendais plus à quelques chose proche de 84/86. Je vois aussi que ca diminue au fur et à mesure des répétitions, c’est qu’avec la fatigue, je ne tiens plus des cadences aussi élevées qu’au début. Après, c’est compliqué à discuter, car les valeurs de cadence moyenne affichées prennent en compte les moments de non pédalage (descente), donc selon le dénivelé, ca peut changer (Rep 2 vs rep 3 par exemple). Bref, instructif, c’est un truc que j’ai travaillé pour l’augmenter, et ca explique pourquoi la cap enchainée (Brick) c’est super bien passée. Mais en tant que telle, pas vraiment utile sur le vélo pour gérer l’effort une fois qu’on est habitué à travailler à haute cadence. Bref, sympa à avoir en résumé de séances, mais pas forcément le jour de la course.

L’équilibre Gauche Droite traduit lui la force que l’on met sur la pédale gauche et droite. Le 50/50 est soumis à débat, et on ne sait pas encore s’il faut avoir une symétrie parfaite ou si une asymétrie est ok. Mais bon, 90/10, ca serait pas bon. Dans mon cas, plus de force à droite. j’ai le même genre de déséquilibre en cap, mais je pense aussi que ca peut s’expliquer par le fait que la chaine et les plateaux sont à droite, donc naturellement on pousse plus fort avec cette jambe. Bref, ce que je trouve marrant, et que j’ai du coup constaté sur d’autres séances, c’est que plus je mets de puissance, plus le ratio tend vers le 50/50, ou 47/53 dans mon cas. Par contre lors des récups, ca redescend à 45/55. Ce dont je me suis apercu, c’est que pour ma jambe gauche avait tendance à avoir un cycle de pédalage moins complet que la droite. En fait, plus que de la puissance, c’est le temps à pousser qui est différent. Du coup, la jambe droite fatiguerait plus. Par contre, quand ca devient dur, bah les deux jambes s’équilibrent. Voir même quand je suis vraiment dans le dur, j’ai parfois du 55/45, donc plus de puissance sur la jambe gauche. Bref, au final, surement de quoi travailler pour améliorer mon équilibre à faible puissance, car ca représente l’air de rien la majeure partie des kilomètres parcourus. Mais pas d’intérêt vraiment à l’avoir en course.

Donc au final, des données intéressantes à analyser à posteriori, mais je vois pas vraiment l’intérêt de l’avoir en course.

Epilogue: affichage le jour de la course.

Ca devrait se résumer à: Puissance, FC instantanée, Distance et Temps. Voir un affichage principal à 3 lignes: puissance en gros, Fc et distance en plus petit, car au final, la puissance sera le principal moyen que j’utiliserais comme garde fou, la majeure partie de la course devrait se faire à la sensation. Et seule la distance compte sur un triathlon, le temps est anecdotique, surtout vu la gueule du parcours.

Et pour la cap? Pareillement. FC en gros puis allure instantanée, Temps et distance. Soit 4 champs car plus facile à lire en courant qu’en roulant. Allure moyenne donnée tous les km par la fonction tour auto, l’idée est de toute facon de courir là encore à la sensation.

 

Les échéances à venir (premier semestre)

Je ne suis pas d’un naturel compétitif. Mais cette année, j’ai décidé de me forcer un peu et de courir un peu plus de course qu’en 2015. Plusieurs raisons. La première, car j’ai du temps, un luxe que je n’aurais plus par la suite. Deuxièmement, pour se dire triathlète, faut enchainer un minimum de fois dans l’année les trois disciplines, c’est pas le tout de barboter, rouler et courir un peu chaque semaine, l’intéressant c’est l’enchainement. Et troisièmement, car je manque cruellement de repères, en particulier sur du court comme le 10k. Et même si les allures à l’entrainement sont flatteuses, seul un chrono en course valide le “cap ou pas cap” de faire un temps donné, et en course, il y a pas que l’allure mais tout le reste à gérer (attente, départ, ravito, les bouchons, la météo …).

Donc voici le programme pour les trois ou quatre mois à venir. J’ai dévoré le bouquin de Joe Friel, “the Triathlete’s training bible”, j’ai donc choisi de suivre pour 2016 ces conseils, et sa façon de planifier la saison, avec des courses en priorité A (objectif), B (préparatoire) et C (optionnelle).

Capture

Planning annuel (extrait) version Training Peaks, avec les échéances prévues

carre_bleu_avec_championnat_dalsaceMa course A du premier semestre sera le triathlon d’Obernai, en Alsace, au format Half Ironman. Il aura lieu début juin, ce sera mon début sur la distance. J’innoverais un tas de chose, dont deux semaines dites de peak avant. Jamais fait, je suis curieux de voir le résultat. Vu le profil du vélo, j’ai joué avec Best Bike Split (BBS), et je m’attends à un vélo en 3h. Une nage en 35′ serait top, un semi en 1h30, disons 4′ pour la première transition (combi à enlever très certainement) et 2′ pour la deuxième transition, un temps total proche de 5h10 m’irait donc très bien, et moins de 5h15 serait satisfaisant. Le sub 5 est pas spécialement prévu sur cette course, vu le parcours vélo exigeant, mais qui sait ^^.

bouton-banniereEn course préparatoire, ca sera finalement le triathlon de Cepoy, près de Montargis fin avril. J’aurais aimé faire celui de Metz ou du Tricastin, mais les dates ne collaient plus vis à vis des contraintes familiales. Cepoy est plus proche, et ca me fera un pèlerinage dans la région que j’ai fréquenté pendant deux ans. Format M très probablement, bien que j’aurais aimé faire du court. Mais vu que c’est proche de l’échéance, j’aimerais bien aussi faire du long pour tester ma forme, en particulier sur la nage (1.5km en M contre 1.9 en HIM, très proche et des efforts identiques en fait) et sur l’alimentation.
Autre course B, un 10km. L’objectif étant de valider les allures du moment, de m’offrir un RP sur la distance à la hauteur de ceux sur semi et marathon, et enfin de m’habituer à me faire mal en course. Pour l’instant,  c’est les 10km de Chalon sur Saône qui sont planifiés, mais cela pourrait changer pour les 10km de Seurre la semaine suivante (mi/fin mars). Moins de monde, ce qui me permettra de mieux me placer au départ. Parcours roulant, et en 2015, quelques coureurs dans les temps espérés (sub 36′) voir rêvés (sub 35 😉 ). Donc ca me fournira la motivation de suivre les plus forts, je pense avoir besoin de ca pour tenir éventuellement le rythme.

En optionnel (C) pas grand chose en ce début de saison. Peut-être 2/3 5k ou quelques trails en remplacement de SL, mais la famille demande pas mal d’attention le weekend, tout comme la gestion du club de tri et l’organisation du trail. Donc, je ne veux pas me disperser aussi tôt dans la saison. Très probablement (donc marquer dans le plan), je vais surement motiver un ou deux collègues de triathlon pour participer à un raid, le Défi Roc des Trois Croix près de Santenay. C’est pas loin, c’est 18km de trail, 50km de VTT et 8 km de Canoë à faire à deux ou en relais. Cela fait très longtemps que le “raid” m’attire, presque autant que le triathlon, donc je vais surement me faire un petit plaisir, en plus d’un bon weekend chez les amis à Beaune, et un bon moment avec les collègues du club.12471800_1066223726778762_401518806391471083_o

Voila, sur ce, retour à l’entrainement, faut préparer sérieusement tout ca.

Marathon de Sully: le CR

Préambule:

Ce marathon est une revanche improvisée, décidée il y a quelques mois. Le but est d’effacer de mauvais souvenir. Je me contenterais ici de raconter la course, et l’analyse se fera plus tard, basée sur le plan que j’avais présenté précédemment (oui faut suivre 😉 ).

La veille: Samedi matin, je me réveille à 5h, soucis gastriques qui me poursuivront toute la journée. J’essaye de manger le moins mal possible à midi (formation arbitre), et le soir (jambon/pain, y a que ca qui passera), mais rebelote dimanche matin à 6h (j’ai gagné 1h) et juste avant le départ. Bref, pas glop pour les réserves, j’espère ne pas en être victime durant la course. Point positif, surement du gagner 1 kg ou 2 à ce jeu la, toujours ca de pris.

L’arrivée et le départ. Arrivée sur le site, tout ce passe nickel, les gens sont charmants, pas beaucoup de monde encore, les formalités sont faites en 5mn. Je retourne au chaud dans la voiture. J’en sors pour traiter mes symptômes précédemment évoqués,  et du coup me retrouve un poil en retard. Du coup échauffement de 5′ en allant à la ligne de départ.

Pour ce dernier, je me suis volontairement placé au dernier moment. En effet, la file s’est remplie par l’arche donc par le devant et non par le derrière. Du coup, les retardataires se sont en fait retrouvés en première ligne ou presque. Ayant vu le coup venir, je me suis ainsi retrouvé en troisième ligne, donc plutôt bien. Sachant qu’ayant consulté les temps de l’année dernière, c’est pas illogique compte tenu de mes ambitions. j’avais juste zappé qu’il y avait des relayeurs sur 21 et 10km, qui partiraient du coup beaucoup plus vite.

Premier 10km : 42’27. FcMoy : 166 (et un max à 176)

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Un peu surpris, et par le photographe, et par les relais

Bien placé au départ, j’ai pu me mettre dans le rythme assez rapidement. Comme prévu, le cardio est passé dès le début au-dessus des 80%. La bonne nouvelle, c’est que j’ai pu rester au rythme prévu, soit en dessous des 4:14. Durant ce premier quart de marathon, une seule alerte, un concurrent me signale que deux de mes gels se font la malle. Du coup, je stresse, je ne réfléchis pas vraiment et je les bascule dans la poche du côté de la ceinture, histoire de les mettre en lieu sûr dans la poche normalement dévouée aux déchets (et oui, une place pour chaque chose).

 

Du coup, dans la confusion, le zip déraille, je lutte pendant 2/3 minutes pour le remettre dans la cote, mais ça marche pas (je la remettrais en 2s à la maison). Un rythme de 4:14, un peu en deçà des 4 :12 envisagés, mais j’essaye de gérer au plus souple les c
ôtes. Je prends soin tout le long de m’hydrater toutes les 15’ environ (lap auto), contrôler l’allure manuellement  tous les 2km, et je prends un gel à 10km. A signaler que c’est à ce moment-là que je me rends compte qu’il y a des relais parmi nous, donc normal que certains semblent voler. Faudrait un moyen de les identifier.

 

Deuxième 10km : 42’23. FcMoy : 167 (et un max à 174)

Le dénivelé se tasse un peu, d’où la FC max qui descend, mais globalement je me suis endormi. J’ai géré le profil on va dire ondulant comme je l’aurais fait à vélo en mode entrainement, en douceur dans les montées, et un peu plus fort dans le

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Juste avant l’arche du 21, tout va bien

s descentes. Du coup, un peu en retard encore par rapport aux prévisions (42′ pour 10km). Le réveil va venir à l’arche du 21, pour le seul bémol que je mettrais sur la course. Je sais qu’il est parfois dur de trouver des bénévoles. Mais là, c’était le bordel. Poste de relais des semi, les gens traversaient, et trainait au milieu de la route. Le ravito, les bénévoles en train de se prendre en photo et en selfies. Pas de personne pour nous dire où se trouve l’eau ou l’oasis. J’avais besoin d’eau pour le gel pris juste avant, du coup j’ai laissé tomber et pris ma boisson. Et pas de poubelles pour jeter mon gel vide. Un briefing pour nous indiquer que l’on est en Natura 2000, c’est bien, mais ne pas mettre de poubelles à la disposition des coureurs, c’est encore mieux (et dispo sur les autres ravitos).

 

Troisième 10km : 42’15, FcMoy : 168 (et un max à 174)

Toujours un peu de dénivelés mais on attaque la partie descendante mais sur chemin stabilisé. Donc l’allure progresse un p

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Après l’arche des 21, toujours dégouté par le manque du ravito

eu (4’13) pour arriver enfin dans les cibles, la FC étant elles étonnamment dans les cibles. Mon hydratation à base de boissons isotonique plus gels tous les 10kms semblent me suffire, j’attrape juste un verre d’eau au 30ème, et ça continue, je me sens bien. Les mollets tirent depuis le 20ème, mais je m’accroche, je sais que la douleur n’est qu’une information, donc je me prépare à enfoncer le clou. Et surtout, je pense à Rémi, qui a vécu le même épisode sur son marathon de Berlin, et qui m’a bien rappelé qu’il fallait laisser le cerveau au vestiaire. Donc je sais que mollet dur n’empêcheront pas de finir.

Le moment trash (car oui il en faut un): certains se rappelleront peut-être de mon échec sur semi à passer sous les 1h30 pour cause de pause pipi. Du coup, j’avais peur pour un marathon. Mais les affaires du matin semblent avoir éloigner ce problème. Une envie à 18km, mais passée et oubliée une fois l’arche des 21 franchies. Par contre, un concurrent  a été pris d’une crise foudroyante, je le remercie d’avoir eu la décence de se mettre à un mètre de la route pour nous faire profiter du spectacle. Vu qu’il était sur un chemin de traverse, il aurait pu aller un peu plus loin, non mais oh.

Quatrième 10km : 41’51, FcMoy : 172 (et un max à 178)

Vous remarquerez, je me suis enfin décidé à mettre le turbo. En particulier dans la deuxième partie où on longe la Loire. je pensais que ca sera sympathique, c’était juste chiant, on ne voyait malheureusement rien.  Dans ma tête, je dis que je garde encore un peu d’énergie, mais je sais que si j’arrive un peu frais pour le dernier 5k, ça va le faire. Et je donnerais tout sur ce dernier 5k. Je remonte donc gentiment les concurrents, surtout des relayeurs car parti pour 10km, ils sont partis comme des fusées et le payent dans les derniers kilomètres. Et quelques concurrents du marathon, mais pas de trop car on est peu à craquer à ce moment-là, ça arrive en général avant. Je commence à passer en mode zombie, ca devient dur mentalement, et surtout le paysage m’endort, littéralement. Vous voyez quand vous piquez du nez en voiture, que vous sentez les paupières se fermées et que vous commencez à faire des droles de trucs pour ne pas dormir (pincement, mordillage de joues …), c’était moi. Je me motive, surveille le cardio bloqué à 174 depuis un moment. Je fais en sorte de pas le laisser redescendre ni monter, je sais qu’à cette FC, je suis à la limite du seuil (et de la rupture) et je sais/sens aussi que le rythme est bon, donc je m’accroche.

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Bon, je cours pas l’œil rivé à ma montre, mais là, il y avait un panneau à droite (pas le 30 hein 😉 )

Derniers kilomètres.  2.47k? en 9’56. FcMoy 178 et max 184.

Coup de turbo pour approcher les 4’00, que je tiendrais jusqu’à la fin. Il s’accroche pas (les quadris tiraient plus chez lui que chez moi), et je continue à remonter. Mais boudiou que c’est long. D’ailleurs, je n’ai pas vu le panneau 42, mais depuis le 40, ma montre indiquera 2.9km jusqu’à l’arrivée. Je soupçonne une erreur dans le panneau 27 (ça remonte) que j’avais imaginé à la vue de mon temps canon entre le 26 et 27 (3’50). Du coup, je pense que l’erreur est répercutée à la fin car l’arche elle est forcément bien placée, c’est dur pour le moral de certains, mais ça ne me trouble pas vu que je m’y attendais suite au 27. Je sais où est l’arrivée, j’ai juste à tout donner, et je fais de toute façon plus confiance au balisage qu’à ma montre, car les officiels feront comme cela aussi.

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En rentrant dans le parc du château, juste avant la dernière ligne droite. J’en ai marre là ^^

J’arrive dans la dernière ligne droite du parc du château, j’ai l’impression de tout donner, et je vois le compteur affiché un truc en 59 :10, je sais que le contrat est rempli (à aucun moment je n’ai regardé le temps total de course sur ma montre en fait, sauf une fois l’arrivée franchie). J’arrive, vraiment soulagé d’en finir. Deux trois mots avec le speaker, et direction la tente ravito avant de faire des cercles en marchant  dans le parc pour soulager les jambes et évacuer un peu le lactique. Puis direction la voiture pour 2h30 de route pour retrouver la famille, et le retour à la vie normale après près de 3 mois de « contraintes » marathonesque.

 

Au final, une allure de 4:12 comme à l’entrainement sur ma montre, mais 4:14 selon les données de la course, ce qui m’offre mon rêve, c’est l’essentiel. C’est aussi pourquoi je m’entrainais un peu plus vite, car je savais que les montres surestiment ces choses-là.

Une FC moyenne de 169, soit pile poil 85% de FCM. Comme quoi ça marche ;). Après je n’ai pas eu peur de monter très vite au-dessus des 83%, l’idée était surtout de ne pas monter trop vite au-dessus des 85%. Contrat rempli.

Ca y est, on est réconcilié

Mais toujours pas de grand amour.

J’ai fini mon deuxième marathon. Après La Rochelle en 2007 qui avait été fini dans la douleur, surement le mur qui m’avait rattrapé au 38 ou 39ème après un moment trompeur d’euphorie.

Ce coup-ci, j’ai réussi à repousser le mur au 43ème kilomètre. Du coup, j’ai fini ce deuxième marathon dans un état moins pire. J’attends les photos officielles pour être sûr de ne pas finir comme un zombie, car c’était un peu mon impression sur les 5 derniers kilomètres.

Bref,  des chiffres:

Fréquence cardiaque moyenne: 169bpm, Min 97 | Max 184
Content de moi, car j’ai atteints le fameux 85% sans vraiment le chercher, relire ici. Super content du 97, ce qui veut dire que pour une fois, j’ai su me relâcher avant de partir. Faut dire qu’être en troisième ligne, ça aide car on sait que l’on ne va pas piétiner les autres. A part un gros con qui slalom sur les 100 premiers mètres,  que j’ai dû pousser pour ne pas me vautrer (pour le doubler 500m plus loin), ça n’a pas frotté du tout, bien sympa comme départ et ambiance bon enfant parmi les coureurs.

Distance: bah oui, car vous croyez encore qu’un marathon fait 42.2 km? Mais on vous ment brave gens, on vous spolie de quelques décamètres de soulagement. Et surtout on vous arnaque en vendant des montres qui vous donnent la vrai vie et la vérité absolue au poil de … près. Voilà la vérité de ma montre: j’ai parcouru 42.55km. En vrai, j’ai fait un marathon, oubliez ce que peut vous dire la montre, on s’en fout tous que le parcours n’était pas bien mesuré …. ;). Si vous avez fait plus de 42.2km, et bas tant pis pour vous, et tant pis pour moi, fallait être plus attentif.

Temps: 2h59h09. Bah oui, c’est le plus important. Je suis rentré dans mes objectifs. Et ça, ça fait rudement plaisir.

Une conclusion à chaud: j’y retournerais pas de sitôt. La récup s’annonce bien, la journée s’est bien passé (j’y reviendrais plus en détail, avec des photos j’espère, et belles mais ca j’y crois plus, les photographes sont pas magicien non plus), le retour à la maison aussi, mais c’est définitivement trop long. La longueur de la préparation, des séances, de la course, c’est juste trop long pour moi. Voilà. Je prends juste plus de plaisir sur semi, c’est un fait avéré et vérifié maintenant. Mais oui, je suis réconcilié avec le marathon, j’ai réussi à prendre un peu de plaisir durant la course, en tous les cas, plus de plaisir que de déplaisirs.

 

Octobre en flashback

Après septembre, octobre a lui aussi filé à toute vitesse. La faute aux vacances. Pour autant, ce fut un mois chargé.

Retour sur un vélo, j’ai réussi à faire deux sorties à vélo ce mois ci, youhou, trop courageux le gars. Dont une pour tester ma nouvelle selle, ca change tout 😉

La piscine, toujours un néant ou presque. madame faisant des journées interminables en tant que remplaçante à l’éducation nationale, plus beaucoup de liberté pour profiter des créneaux publics de la piscine, pourtant nombreux.  5 séances seulement, clairement, va falloir s’y remettre sérieusement tant c’est mon point faible. Le chef du club désespère à chaque fois qu’il me voit nager. Du coup, il nous fait faire du gainage hors de l’eau pour éviter de me voir massacrer le crawl académique.

Reste la course à pied, mon chouchou.octobre polar Octobre fut l’occasion d’un basculement d’un plan marathon vers un autre. J’en avais parlé ici, je suis donc passé du modèle 8 semaines à celui à 13 semaines, toujours chez plans-entrainement.net pour préparer un marathon d’ici la fin de l’année. Pour l’instant, ca se déroule pas mal, avec un cumul de presque 317km en course, plutot content car il y pas mal de période de repos la dedans. En effet, j’en ai profité pour faire à nouveau le semi de foulées d’automne à Semur en Auxois. Je l’avais fait l’année dernière, tentative de sub 1h30 loupée pour cause de pause pipi, à relire ici. J’ai resigné cette année, pour voir où j’en étais sur semi en conditions réelles. Pas de nouvelles photos, donc pas de CR, mais la satisfaction est là. 1h24mn05 pour boucler les 21 bornes, et surtout une deuxième marche de podium dans ma catégorie sénior. Bref, pas de photos de moi sur la boite, et tant mieux, mais je suis super fier 😉 . Par contre, “seulement” 6ème au scratch, ce qui veut dire que j’ai 4 vétérans devant moi, je vous laisse imaginer le niveau des courses locales par chez moi… ca rigole pas. Pas pressé de changer de catégorie moi.

Allez, c’est reparti pour le dernier mois. Surement un peu plus présent, je devrais vous parler un peu matériel de geek ou de confort, et aussi séances à course.

Triathlon Bergerac: M en contre la montre

Voici mon compte rendu de mon second triathlon, au format un peu particulier car il s’agit d’un contre la montre. C’est à dire que l’on part tous en décalé comme au tour de France, par groupe de 4 ou 5.J’ai profité des vacances en Dordogne pour aller participer au triathlon de Bergerac.

Natation

Originalité de la course, départ par groupe de 4-5  toutes les minutes, et nage en rivière, ce qui implique la moitié de la nage contre le courant (et l’autre moitié avec le courant si vous n’auriez pas suivi). Dur de se caler un rythme car du coup personne pour donner une idée du rythme. Je cherche à aller vers la rive pour éviter le courant, mais pas certain que ca serve à quelque chose, je ne le ferais pas lors du deuxième tour. La montre me dira que j’ai galérer contre le courant, et filer vite dans le sens du courant, malgré de mauvaises sensations dues au vent. Final : 29’36 pour les 1500m, 1536m à la montre, si c’est pas du cordeau ça.

T1 : pas de gros problèmes. Je prends mon temps pour récupérer, et surtout ne rien oublier. Départ les chaussures au pied sur la moquette et les pavés en dessous. Un peu casse geule, mais ca le fera en 1’32.

Cyclisme

Pas eu l’occasion de repérer quoique ce soit, j’ai juste tracé sur strava qui m’annonce environ 500m de D+. Pour 40km, ça commence à faire. Du coup, je pars prudent. Mais dès la première cote, je me rends compte que ça monte mais pas de manière sévère. Je décide donc d’envoyer le pâté. Changement de plateau, et hop, la chaine qui saute et se bloque entre le cadre et le pédalier. Voilà donc à quoi sert ce fameux anti-déraillement. 1’ plus tard, les doigts noirs et entaillés, et 20 pulses de plus à cause de l’énervement, me voilà reparti. Un grand merci au gars qui m’a glissé un mot d’encouragement quand j’étais arrêté, ça a aidé à relativiser. Pour le reste, je repars ultra motivé. Je file aussi vite que faire se peut, m’alimente quand je peux et bois bien. Bref, je pose le vélo en 1h07mn39, ce qui me fait une moyenne de 34,4km/h, plutôt content, même si si j’avais su, j’aurais tenté le 35. Mais les jambes ont l’air de bien aller, le dénivelé pas si élevé que prévu il me semble. Mal mal nul part, et pas l’impression d’être déshydraté ni affamé malgré la chaleur.

T2 : toujours sans soucis, ca passe bien en 38″.

Course à pied

C’est parti pour le dernier acte de la journée, en deux boucles. Je ne sais pas trop par ou part la CAP, les volontaires semblant que c’est évident après une heure et demi de course. Les pavés ne sont pas non plus des plus commodes pour une reprise de la CAP. C’est parti, avec un autre concurrent sur le même rythme, soutenu mais confortable, aux alentours des 4:20. Je me dis que c’est un peu lent, mais je ne pense pas pouvoir tenir beaucoup plus. Je fais attention à bien m’hydrater et à m’asperger à chaque relais. Au bout de 3-4 kms, une espèce de … me double en me bousculant, faisans laper ma montre. Et encore, avant de se rabattre sur mes pieds. Obligé de lâcher un juron pour que ce … daigne lever à moitié la main, surement une forme d’excuse. Du coup, ca m’énerve, me voilà parti à accélérer, et à atteindre un rythme proche de mon seuil, ce qui pour un 10km est un moindre mal. Mais vu les épreuves précédentes, c’est dur. Mais je m’accroche. Je pars sur le deuxième tour, toujours boosté. J’essaye de faire ce que je peux pour rester dans le rythme mais ca devient dur. Au 8ème, une fusée me rattrape et j’essaye de m’accrocher. Il se retourne, je lui dis que j’essaye juste de suivre le rythme, et il continu son effort. Il finira le triathlon en moins de 2h lui (et le 10 en 37’ environ), car il s’agissait rien de moins que le troisième au scratch. Déjà bien heureux d’avoir pu tenir son rythme quelques hectomètres. Je finis donc plutôt fort ce deuxième tour, et franchis la ligne en 40’05. Soit un bon temps pour 10km, mon meilleur en course officielle, bien que ma montre me donnerait plutôt un 9,67. Quoiqu’il en soit, je suis plutôt bien content de cette fin de tri.

Pensées finales 

Satisfait de ma performance du jour. Une nage pas facile, un vélo bien à fond, et une cap bien tenue. Ça me permet de finir en 2h19mn28s, donc bien content de finir largement en moins de 2h30 pour mon second M. Je me restaure rapidement, et file me plonger dans la dordogne pour le laver, et surtout finir de me rafraichir. Une bien belle journée.

Les modèles de progression

La progression: modèle des plateaux et de la chenille

Comme la plupart des gens, je suis familier avec la notion de plateau dans l’apprentissage et la progression. Ce modèle est d’ailleurs largement utilisé dans divers domaines de l’enseignement en passant par le sport, et même pour expliquer la croissance des communautés (l’écologie, la science pas la mode,  est mon domaine d’origine, ne vous étonnez pas ;)) . L’idée est que tout apprentissage passe par des phases de progression suivie de phase de stagnation (voir de régression) avant d’atteindre une nouvelle progression une fois que certains processus se seraient mis en place.

La course à pied n’échappe pas à ce modèle. On a tous eu cette sensation de stagnation après un moment de progression euphorique. Mais progre1j’avoue que je me suis toujours demandé ce qu’il pouvait y avoir derrière cette phase de stagnation. Et j’ai aussi du mal à me dire que l’on fait tant d’efforts pour rien? Et que tout d’un coup, paf ça se mette en place, durant la nuit? Genre l’illumination par le dieu sommeil.

Bref, je me suis toujours posé la question à mes moments perdus, de plus en plus rare depuis que j’ai deux filles et un entrainement de triathlon… Et en lisant un site de natation absolument génial pour qui veut se mettre ou progresser à la natation, le site natation pour tous, je suis tombé sur un article traitant de la progression suivant le modèle de la chenille, et des compétences ABC développé par un préparateur mental. Je ne vais pas refaire l’article, je vous invite à le lire là-bas.

En résumé, l’auteur du blog propose d’identifier trois types de nages, A B et C, et ce pour une même nage disons le crawl. Les trois types sont donc tous du crawl, mais avec des propriétés différentes en terme de sensations et d’efficacité. La nage A serait la nage parfaite, où l’on a l’impression d’être parfaitement positionné et coordonnée, ce qui permet d’avoir une efficacité maximale. La nage B est encore bonne, mais c’est moins “parfait, dans la pratique, c’est la nage que je pratique le plus souvent, une sorte de norme en quelque sorte. La nage C, je suis toujours bien positionné, mais tout devient plus dur (respirer, accélérer…), bref, je suis en mode automatique.

Selon les séances, la durée et la fatigue, on alternerait donc entre ces trois nages durant les phases d’entrainement. Le modèle de la chenille propose d’affiner un peu la stagnation de la progression, c’est à dire l’impression de ne pas nager plus vite. Selon ce modèle, on peut progresser dans une des trois nages, A B ou C, et pas dans les autres. Une progression durable serait atteinte seulement quand les trois nages auront été améliorées. A la façon d’une chenille, la tête avance d’abord (Nage A), puis le corps s’étend (nage B), et enfin l’arrière (nage C) est amené en avant par le reste du corps. Une fois ces trois étapes franchies, on peut dire que la chenille (ou la performance) a progressé.

graph-cloche

Application à la course à pied

Du coup, je me suis dit, pourrais t’on adapter ce concept à la course à pied. Je le pense, et je me lance.

Imaginons une courbe de progression, avec pour variable de réponse nous servant à quantifier la progression l’allure sur un 10 km en course. Clairement, c’est une réponse que tout le monde peut mettre en place, en se trouvant un 10 km autour de chez soi, et en se testant hors conditions de course, juste pour évaluer son niveau. Après on peut voir plus court, genre 5 km, mais 10 me parait bien car pour la plupart d’entre nous, cette distance mobilise des qualités de vitesse et d’endurance sur un effort approchant l’heure.

Identifions trois compétences (ABC) pour un coureur à pied qui rejoindraient les définitions proposées pour la natation. On pourrait proposer en A: la vitesse, en B l’endurance et en C: la résistance. La vitesse en A, car en travail de VMA ou de vitesse, on est surtout attentif à avoir une belle foulée dynamique, de beaux geste, et c’est là que l’on va le plus vite. En B, l’endurance, car comme pour la nage, c’est là où on s’entraine le plus, et c’est aussi l’allure la plus “naturelle” que l’on peut garder sur de très longues périodes. En C la résistance, car pour la nage, la C est souvent une dégradation de la A. Et en course à pied, si on  fait trop durer une séance de VMA ou de vitesse, on commence à dégrader la foulée et la gestuelle, ou à rentrer dans du lactique. Bref, ce n’est plus aussi efficace qu’en A. Et le travail en résistance est souvent appelé soutien de VMA, c’est donc bien la capacité à maintenir cette course A sans passer en C.

Si on est d’accord avec ces postulats, améliorer sa marque sur 10km passerait par 1)  de l’endurance (fondamentale), 2) travailler sa vitesse et 3) travailler sa capacité à maintenir la vitesse. Donc dans la pratique, faire des footings en EF, faire de la VMA courte ou des séances de vitesse (200/400) puis des séances de résistance (genre 6*100 ou  4*1500 à AS10). Et ça semble cohérent lorsque l’on regarde la majorité des plans d’entrainement proposés par des entraineurs qualifiés.

Dans la pratique

Quels outils?

En course à pied, les deux grandes approches modernes sont de travailler à l’allure et travailler à la fréquence cardiaque, les deux étant souvent employés conjointement dans les méthodes les plus récentes depuis la démocratisation des montres GPS et Cardio. Une méthode plus ancienne s’appuie sur le ressenti de l’effort, et chez les sujets bien habitués, les résultats sont comparables à un travail à la FC ou à l’allure. Mais si on se réfère souvent à une allure ou à un % de FCM en course à pied, ce sont des notions assez rares en piscine. Ce que je trouve de vraiment intéressant avec la présentation par l’auteur sur son blog, c’est qu’il a sciemment choisi d’omettre les notions de vitesse ou de FC, mais bel et bien de ressenti et d’efficacité.

En course à pied, il faudrait donc arriver à juger de son niveau d’effort, le fameux RPE de Borg par exemple.  Mais aussi de son efficacité. Et du coup, le truc magique je trouve avec le concept de ABC, c’est que l’on n’est pas dans une allure ou une FC, mais bel et bien dans une sorte d’aisance. Combien d’entre nous ont fait une séance de seuil, de VMA ou de vitesse en étant super à l’aise au début, et à la limite de la rupture sur la fin. En considérant que l’on a fait son échauffement en EF, et bien on ne devrait ainsi avoir pratiqué les trois “courses” dans une même séance. Et même si les répétitions ont été faites à la même allure, on a été soit en A hyper à l’aise, soit en C à la limite. De même, on a pu être “au top” en EF, un jour où tout était réuni, façon swing authentique de Bagger Vance, et ainsi pratiquer une course de type A même lors d’une sortie à faible allure.

Bref, on peut donc arriver à faire progresser les trois compétences dans une meme séance, sans forcément se focaliser sur une FC ou une allure. C’est plus une histoire de ressenti, et c’est important de courir de manière consciente je pense.

Quel type d’entrainement et pour quel type de compétition?

Je dirais celui qui vous convient le mieux ou qui vous tente le plus. Comme je l’ai dit, la plupart des plans font un travail varié qui font à priori travailler les trois types de course. Peu importe que l’on travaille pour un trail, un marathon ou un 10k à mon humble avis. Les séances seront certes différentes en terme de terrain, de durée et d’intensité (pour la résistance en particulier, un marathon ne se travaille pas aux mêmes intensités qu’un 10k) ni même de volume. Mais reste que les trois types de course ABC seront approchés même si le contenu des séances différent.

En fait, à force de suivre les plans, on commence (moi le premier) à savoir les séances qui nous plaisent et importantes. On est alors tenté de ne faire que ca: le seuil pour un semi, l’EF pour un ultra traileur ou un marathonien, et à oublier sciemment les autres types de course ABC. A mon avis, et ce que j’ai pu voir sur des forums ou dans mon cas, ca ne mène qu’à une stagnation. On pourrait alors être tenté de penser que l’on est sur le fameux plateau, et je pense que c’est le cas. Mais pour accélérer le passage à une nouvelle progression, je pense qu’il est primordial de varier les stimuli.

Comment améliorer ma performance

Comme le suggère l’auteur du blog, la progression ABC passe par l’apparition de progrès (travail de A), assimilation de ces progrès (travail de B) et validation des progrès par une amélioration des performances même en C, la course la plus dégradé. Ainsi, une progression de la performance totale (temps sur 10k dans mon exemple) ne sera visible que quand les progrès en ABC auront été validés. Ca rejoint en quelque sorte la notion de facteur limitant (encore une notion courante en écologie). Ainsi, il y a toujours un facteur qui limite la progression, et même si les autres sont optimaux voir plus, la performance ne changera pas, le facteur limitant empêche le tout d’évoluer. Si pour le modèle chenille, les progrès ne sont pas encore validé pour la course de type C, et bien la chenille peut bouger la tête et le corps (A et B respectivement) autant qu’elle veut, techniquement elle ne bougera, et la performance sur 10K non plus.

J’ai souvent lu les propose de gens sur les forums qui en ne faisant que de l’EF avaient gagné en VMA. Ou alors des gens qui ont explosé leur record sur 10k ou semi après une longue préparation marathon, pourtant souvent dite diéselisante. Pour moi, l’explication est à mettre sur ce concept ABC indépendant des allures/FC. En faisant travailler le corps sur des niveaux de sensations, on le stimule, et il s’adapte. Et le travail varié, même pour une course à intensité plus faible (disons marathon) s’il fait bien travailler les ABC se traduira par des progrès même pour des courses à intensité plus haute (un 10km), et vice versa. Selon moi, c’est la même idée que du renforcement musculaire ou du gainage va nous faire courir plus vite, bien que ce ne soit pas de la course, mais le stimulus au niveau du corps est bien présent, et adaptation/progrès il y a en retour.

Dernier point, comme le montre le graphique pour la natation, la majeure partie du temps en entrainement est faite à une course de type B, c’est à dire en endurance pour les coureurs. C’est une allure que l’on va dire automatique, où il est toutefois possible de bien contrôler et mettre en place les progrès (respiration, cadence, foulée, mouvement des bras, posture…), les types A et C ne représentant qu’un faible pourcentage du temps de travail, mais au combien important au final. C’est ce même genre de répartition que l’on préconise en CAP, donc la translation du modèle à la CAP fait sens.

 

En bref

Ce post de natation m’est apparu comme une révélation pour ma progression en nage bien sûr, mais aussi en course à pied (et à vélo). Tout d’un coup, il m’est apparu évident que:

1) Ce n’est pas parce que mon temps sur 10km n’avait pas progressé que je n’avais pas progressé. Je suis bien sur un plateau pour la performance, mais je fais des progrès en A, B et/ou C. Et ces progrès effectivement je peux les voir lors de mes séances. Donc il vaut savoir se rassurer si le jour d’une compétition, le résultat n’est pas celui escompté.

2) Si le résultat n’est pas celui escompté, il faut alors se demander quelle phase de progrès reste-t-il à accomplir, et se concentrer dessus. Quitte à sortir de sa zone de confort et accepter de courir plus lentement/vite ou plus longtemps.

3) Faire progresser trois choses va certainement prendre plus de temps que une seule. Ça m’aide donc à contenir mon impatience. Et le corollaire, en travaillant trois choses, il est plus probable de voir des progrès sur au moins une que lorsque l’on se focalise sur une seule, on voit donc plus de signes de progrès, ça motive et aide à patienter pour voir le progrès final.

Voila, c’est une ébauche de théorie. Si vous avez des objections, des commentaires, ou un autre avis, je suis avide de débat 😉

A mes courses manquées, Bis Repetita, ou pas

Si vous vous rappelez d’un billet précédent, je vous racontais mes déboires lors de mes courses planifiées de ce début de saison. J’avais aussi annoncé que mon retour à la compétition devait se faire lors du triathlon de Chalain qui s’est tenu ce weekend, le 14 juin étant ironiquement l’anniversaire de ma chute en vélo (triste Saint Valentin). Donc ce triathlon était en quelque sorte l’occasion de conjurer la série noire. Sauf que vendredi soir, en discutant avec mes collègues du club, on se rend bien compte que les conditions risquent d’être dantesques, le Jura étant en vigilance Orage. Je me prépare donc mentalement toute la journée du samedi à ne pas y aller, tout en mettant les affaires dans la voiture. Réveil à 6h30, je consulte la météo. 30mm de pluies orageuses prévue à 14h, heure de la course. J’abdique une nouvelle fois.

Mais bon, je me suis préparé, les affaires sont prêtes, et mentalement j’en ai envie. Surtout envie de pouvoir me dire triathlète. Car s’entrainer dans les trois disciplines est une chose. Arriver à enchainer les trois en est une autre. Et ca, seule une course peut permettre de répondre à l’interrogation. Un peu comme un marathon où enchainer plus de 50km dans la semaine rassure sur la possibilité de tenir 42 bornes d’affilée, ne garantie en rien de le finir le jour J. Donc je cherche rapidement des informations sur une course dont m’avait parlé un collègue, et ce dimanche 14 juin, quatre mois après ma chute, ca sera le triathlon M du Sensonnais qui me fera rentrer à nouveau sur une compétition. Et qui fera de moi, mettons fin au faux suspens direct, officiellement un triathlète.

Acte 1 : la natation : 1500m

Le matin, l’eau a été mesurée pas loin des 24°, limite officielle pour autoriser la combinaison. L’organisation a choisi de l’autoriser le matin sur le sprint, car plus de débutants. Mais pour le M l’après-midi, ca sera sans, ce qui effraie bon nombre de concurrents. Je ne sais qu’en penser, je ne suis pas à l’aise en combi (seulement trois séances en eau libre), mais je ne suis pas non plus un bon nageur à priori, donc la combi aurait pu m’avantager. Mais bon, je prends cela comme un souci de moins à gérer, car mettre et enlever la combi, c’est déjà une épreuve en soi. Du coup, après le briefing, on se dirige dans la bonne humeur vers le lac, on se met à l’eau pour s’échauffer et on se met en « ligne » derrière le bateau pour attendre le départ. Départ qui se fera un peu dans la confusion, j’ai dû rajouter 50m vu que les bateaux nous avaient fait dériver vers l’arrière de la ligne. Et que je n’ai pas nagé en suivant le chemin le plus court. Mais peu importe. J’arrive à trouver ma place rapidement (on est que 140, ca aide) et j’arrive à trouver mon rythme facilement. De plus en plus confiant, j’ai l’impression de nager de plus en plus vite au fur et à mesure que les hectomètres défilent, en tous les cas, ma fréquence cardiaque elle augmente bel et bien. Je sors donc en moins de 30 minutes, ce qui pour une première expérience me satisfait sachant que le temps a été mesuré après la sortie de l’eau, ma montre me donne même moins de 29’ pour les 1500m.

Une fois sorti de l’eau, direction en courant la zone de transition, et l’enfilage un peu galère des affaires de vélo (lunettes et chaussettes surtout).

Temps officiel : natation en 29’21 (46ème temps) et Transition 1 en 1’11 (74ème temps)

Acte 2 : le vélo : 44km

Autant j’avais bien préparé mentalement et physiquement le parcours de Chalain, autant celui de Gron fut une découverte. Heureusement, un collègue du club me donnera de précieux conseils sur le parcours. Ca sera vallonné, avec pas mal de faux plats, surtout montants et des descentes franches. Bref, un parcours pour des puissants, ce que je ne suis pas. Le premier tour se passe sous le contrôle du duo cadence de pédalage et FC, afin de ne pas se mettre dans le rouge et ne pas griller les jambes. Cela se passe pas mal, je fais ma course, la FC est haute, mais c’est normal après le sprint à la sortie de la natation plus une longue sortie du parc à vélo en poussant le vélo sur l’herbe. Le parcours monte direct, donc pas facile de récupérer sur ce début de course. Je me cale à un rythme où je suis bien, me désaltère, et reprends pas mal de concurrents qui ont fait une meilleur nage et une meilleur transition que moi. Et je me fais doubler par deux trois concurrents, visiblement très bon cycliste, que je n’essaye même pas de suivre tant ils sont à l’aise. Chacun sa course. A l’entame du deuxième tour, ma montre accroche le cadre en voulant prendre un bidon, je n’ai donc plus accès aux informations de FC, vitesse ou cadence. Je navigue donc aux sensations. Je dois m’en sortir pas trop mal, car je ne double pas ni ne me fais pas doubler. Donc le rythme doit être correct. Mais j’ai quand même l’impression d’avoir été un peu trop vite. Je me ferais juste rattraper par deux trois avions de chasse en formation serrée sur les deux derniers kilomètres, j’avais levé le pied pour essayer de récupérer un peu de fraicheur. Car le temps lourd a fait des dégâts sur mon organisme, comme chez tout le monde en fait.

Retour sur le parc à vélo avec toujours cette interminable course sur l’herbe avec le vélo. Une transition éclair, dont je suis pas mal fier, pour passer du mode vélo au mode CAP. J’oublierais juste mes lunettes, mais ce n’est pas grave vu la météo. Et c’est parti pour 10 bornes, ça aurait du être la cerise sur le gâteau, c’était oublié qu’on est encore tôt dans la saison, et les cerises encore un peu vertes.

Temps officiel : Vélo en 1h23mn09 (37ème temps, environ 31,75km/h pour 44km et un D+ de 530m environ) et transition 2 en 41″ (24ème temps).

Acte 3 : la course à pied : 10km

C’est parti pour trois boucles autour du lac. Rien de bien folichon malheureusement, le parcours est assez tristounet entre chemin le long de la zone industrielle, de la voie ferrée et que trop peu autour du lac. Toujours en galère avec la montre, pas d’informations pour courir. Donc je pars à un rythme soutenu mais pas trop qui devrait me permettre de finir. Au fur et à mesure des tours, j’accélère et commence à reprendre bon nombre de concurrents qui commence à coincer. Mais moi-même, je suis loin de mes meilleurs jours, et j’ai un rythme bien lent, inférieur à mon allure semi, voir marathon parfois. Bref, peut-être trop de prudence, surement pas mal de fatigue, la CAP passe de manière monotone et sans saveur. Moi qui pensait y prendre le plus de plaisir, c’est raté. C’est dommage, car les bénévoles et les ravitos sont bien présents et aident bien. Mais je ne suis pas dedans. Je finis sans réel plaisir, ni souffrances d’ailleurs, cette partie CAP.

Temps officiel : 42’20 (17ème temps).

Temps final tout compris : 2h36mn42 (25/140).

Acte finale : le buffet.

Environ 30 minutes. A me goinfrer de pain d’épices (un peu), de fruits secs (beaucoup) et frais (à la folie). Et surtout, chose qui n’arrive jamais, boire du coca. Et de l’eau. C’est là que je me suis rendu compte que j’étais vraiment à bout niveau énergie. J’étais bien debout, pas mal aux jambes, mais juste une énorme envie de manger. Chose que je n’avais jamais éprouvé après une course à pied, que ce soit 10m, semi ou marathon, qui ont souvent tendance à me rassasier et à m’empêcher de manger pendant au moins 6H. Ce qui me fait dire qu’il va falloir que je modifie mes habitudes pré course (le gatosport n’est plus nécessaire, ni suffisant en fait) et aussi pendant la course (les gels étaient surement pas assez riche en calories). Ainsi que les jours précédents, plusieurs fois que j’ai eu très faim les jours avant, et surtout le vendredi et une compétition de natation (3h en relais) où je n’avais pas arrêté de manger durant l’épreuve. J’ai pas voulu écouter mon corps qui me disait de manger plus les jours avant, me disant que c’était plus du stress du fait que j’avais réduit le volume d’entrainement, plus je ne voulais pas partir avec de surcharge. Avec le recul, c’était surement un message du corps en surcompensation qui avait besoin de faire les réserves, ou qui se préparait pour le “combat” à venir.

 

Epilogue :

Mitigé.

Je suis déçu de ne pas avoir pu participer comme prévu au triathlon de Chalain. Mais il s’est couru sous la pluie, donc avec le recul je ne regrette pas trop car j’aurais appréhendé le vélo sous la pluie, et une chute sur mon premier tri aurait pu rendre compliqué mentalement la suite dans ce sport.

Je suis déçu de mon temps. Mentalement, je pensais faire moins de 2h30 à Chalain. Avec le recul, et les mêmes allures, j’étais bon pour moins de 2h30 à Chalain. Mais 4 bornes de vélo en plus, une transition 2 plus longue, et surtout un parcours, à mon sens, plus exigeant auront rallongé l’addition. Plus clairement, je n’ai pas été assez fort pour tenir les 40 minutes sur 10 kilomètre. Là encore, surement le vélo, mais aussi une préparation incomplète. J’ai fait ce que j’ai pu, mais pas assez d’enchainement Vélo dur/CAP dure. Et seulement trois mois de préparation. Ce n’est pas assez, mais c’est comme ça.

Je suis ravi d’avoir fini mon premier triathlon. 2h30 c’est long, mais ca passe super vite quand on enchaine les trois disciplines. Et c’est nerveux sans être violent, c’est assez spéciale. J’ai retrouvé les sensations d’un semi niveau sensation physique, mais mentalement plus proche d’un 10km car toujours à fond en fait.

Je suis ravi de ma natation. Je n’ai pas filé droit, mais je n’ai pas trop dérivé. Et surtout, je n’ai pas subi ni niveau rythme, ni niveau physique avec finalement peu de frottements avec les autres concurrents. C’est souvent un souci pour les débutants, mais là tout le monde était sympa, courtois, on se touchait parfois les pieds et les épaules, mais pas de coup de pied ou de poings comme on peut le lire parfois. C’est cordial, et ce fut comme ça tout le long, donc merci et bravo à mes camarades du jour.

Je suis ravi d’avoir choisi Sens. Malgré un choix de dernière minute, je n’ai eu aucun soucis à m’installer, m’inscrire, me garer, sortir, trouver ma voie en vélo, me restaurer. Bref, l’organisation au top. Merci à tous les bénévoles, surtout sur les routes et au buffet, pour leur gentillesse et leur patient. Et leur parcours vélo était bien agréable, malgré le début sur le tapis.

Bref, j’aime toujours la CAP, et clairement, je reviendrais sur semi. Sur 10 pas sûr, c’est vraiment pas mon format. Mais le triathlon me correspond bien aussi surtout ce format M. Car j’y ai retrouvé ce type d’effort du semi “au seuil”, c’est-à-dire à la limite de la rupture tout le temps, sans pour autant se faire violence ou se la couler douce. Bref, j’irais voir surement du côté du L ou HIM (un semi en course à pied), mais le format M me convient bien. Et c’est sûr, j’irais voir aussi du sprint pour me faire un peu plus violence. En tous les cas, l’entrainement en multisports, c’est bénéfique. Ça permet de se détendre tout en continuant à forger l’endurance. Je suis toujours un peu hésitant sur comment organiser mes entrainements, j’ai toujours un faible pour le jogging, mais clairement, j’ai pris de plus en plus de plaisir à sortir à vélo, à ma très grande surprise je dois le dire. Je vais donc m’y concentrer un peu plus durant les vacances d’été.

Sur ce, rendez-vous dans un mois pour de nouvelles aventures dans le triple effort, avec le triathlon M de Bergerac. Une nage en rivière à  contre-courant, ça devrait être sympa aussi. En espérant pouvoir vous mettre des photos ce coup-ci.

Pourquoi je suis chauvin.

On en dit des trucs sur les bourguignons. Têtes de c.., de cochon, bougon, et ultra-chauvin. Et pour la plupart des qualificatifs, c’est pas faux. Je pourrais vous faire un bel argumentaire photo, avec des clichés des clichés de la région: photo de vin, vignes, moutardes pain d’épices… Sauf que même si j’habite en Côte D’or, qui indiquerait la présence de vin, je suis plus du côté “trou du cul” de la région comme l’aime nous le rappeler les gens de Dijon. Comme ils disent: “c’est plus long pour nous de venir vous voir que pour vous de venir”. Bref, je tenais à vous faire partager mon coin paumé, à 66 minutes de Paris (TGV), donc quand même pas si paumé que cela si on le souhaite.

Le paradis du coureur?

C’est ce que je me suis dit quand j’y ai (re)mis les pieds il y a deux ans. M’entrainant à la FC selon les prescriptions de Mr Delerue, l’idéal est un terrain plat pour pouvoir faire des blocs à FC constante (+/-2 pulses disons) et ainsi obtenir une allure stable pour savoir si on est dans les clous ou à la ramasse. Du coup, mêmes les plus petites montées sont un souci. Dans cette optique, je peux profiter des berges du canal de Bourgogne. C’est stabilisé mais souple, et à part les passages d’écluse, relativement plat. Parfait pour mes séances de régé et de travail des allures (pas d’arbres pour paumer les GPS). Mais tout autour, c’est  vite vallonné et forestier, le rêve pour s’évader et faire des séances plus longues ou typé “trail”. Bref, c’est varié et ça, ça me plait.

Le paradis du cycliste ?

L’année dernière, j’ai craqué pour un VTT afin de pouvoir élargir un peu le champ de découverte de ma région. IL me sert aussi à transporter mes deux filles en chariotte. Il y a quelques mois, je me suis aussi équipé d’un nouveau vélo de route. Outre le fait qu’il va me servir pour ma découverte du Triathlon, il vient aussi remplacer mes deux mulets en acier, trop inconfortable pour moi vu qu’il n’était pas vraiment adapté à ma morphologie, et qu’ils avaient plus de 20 ans (au moins, et pas à eux deux). Outre le fait que j’ai pris gout à l’effort en vélo et à la vitesse, c’est aussi pour moi un excellent moyen d’explorer encore plus loin la région. Alors qu’en VTT une moyenne de 20 est déjà très honorable, et que l’on est plutôt limité aux chemins peu roulants, le vélo de route offre plus de liberté.

Voilà donc quelques images glanées lors de ma dernière sortie. Ma première sortie que j’ose qualifier de longue (presque 3h pour presque 90km, toujours en progression pour un hypothétique HIM). Et c’est un réel plaisir de parcourir ces verdoyantes contrées remplies d’animaux paisibles. J’aime le Sud pour ces marchés, sa bonne humeur, son climat. Mais ce vert tendre pratiquement toute l’année me manque (la Normandie m’avait séduit pour ça aussi). Ajoutez à cela des petites routes (Départementales à plus de un chiffres) certes un peu cahoteuses mais au trafic routier limité et toujours courtois, et vous obtenez un terrain de jeu idéal pour un cycliste. Alors certes, on n’a pas de col de C1 ou HC, mais déjà quelques  C4 histoire de se faire les jambes. Et surtout des petites routes vallonnées histoire de travailler la puissance, et un vent fourbe toujours prêt à vous souffler dans la tronche peu importe votre direction. Quoi de mieux pour s’entrainer au triathlon 😉

Le paradis, partout?

Alors voilà. J’aime ma région, mais honnêtement, j’ai vécu à pas mal d’endroits: Montargis, Paris (Vélizy), Grenoble (avec pas mal d’incursions en Drôme provençale), Caen … et visité pas mal d’autres. Et je crois que je n’ai été malheureux dans aucune d’entre elles. Même Paris a réussi à me gratifier de quelques menus plaisir pour le sportif et l’amoureux de nature que je suis. je suis heureux en Bourgogne, mais on regarde déjà à changer d’endroits pour se rapprocher d’une partie de la famille. Et je sais que j’y trouverais de nouveaux plaisirs. Beaucoup de gens se plaignent de ne pas habiter le bon endroit. Et bien dans la majorité des cas, je pense que c’est juste une fausse excuse. On peut trouver son bonheur partout, si on est suffisamment ouvert d’esprit. A tire d’exemple final, Paris est le lieu de France avec la plus grande concentration de triathlètes. Qui l’aurait parié avec comme terrain de nage la Seine, piste de cyclisme le périph, et piste de course les trottoirs? On peut trouver son bonheur partout, mais faut pas non plus hésiter à bouger si on pense que c’est mieux ailleurs, c’est surement vrai, et ce pour toutes les coins de France ;).

Bref, j’aime mon pays.

A mes courses manquées

Salutations, Avec ces beaux jours, mon moral est paradoxalement en berne (bien que je l’ai quittée private joke pourri). En effet, fleurissent sur la toile et les forums les récits des moult aventures menées par chacun et chacune sur semi, Marathon 10km, et même en triathlon. Donc, histoire de pas faire comme tout le monde, voici les comptes rendus de mes deux DNS pour ce début d’année, en espérant que le compteur s’arrête là. Pour être précis, ce sont des courses dont j’avais le ticket d’entrée, mais je n’ai pu ou voulu y aller. Je ne compte pas les potentiellement intéressantes que j’ai envisagé et renoncé au dernier moment. Les deux que je vais vous narrer avaient été planifié et enregistré.

Numéro 1: Le marathon de Sénart

Ça fait un bout de temps que je n’avais pas couru un marathon. Le seul et unique remonte à Novembre 2007, dans la belle ville de La Rochelle. Du coup, à force de m’entrainer, et en lisant les aventures de collègues de forum, j’en étais arrivé à me remotiver pour l’épreuve “mythique”. Car il en faut de la motivation. Du coup, Sénart, un parcours plat, en début d’année, pas trop loin, pas cher, à l’ambiance sympathique, ca me disait plutôt bien. Mais non, la clavicule en a décidé autrement, environ deux semaines après l’inscription, et deux mois et demie avant l’échéance. En comptant le mois de repos, plus les deux trois semaines de reprise, ça laissait donc plus beaucoup de place pour s’entrainer. J’ai secrètement espéré, mais une séance d’AS42 environ 2 semaines avant m’a bien confirmé que j’avais ni les allures, ni l’endurance pour prendre du plaisir le jour J. Donc, j’ai eu une grosse pensée de loin pour les courageux qui se sont élancés le premier mai sous la pluie parisienne. Même avec ce temps de chien, j’aurais été ravi d’être avec vous. Et bien que n’aimant pas les médailles de finisher, la médaille en verre de la soufflerie de Sénart, je l’aurais bien vu dans mon salon (madame moins). Rien que pour cela, j’y retournerais peut-être.

Numéro 2: le triathlon international de Cannes.

Alors là, c’est encore plus rageant. Vous connaissez surement dans votre entourage des gens qui courent majoritairement des courses “gratuites”. Non qu’elles ne coutent rien aux participants, mais parce qu’il y a maintenant plein de “loterie” à dossards, surtout pour les plus actifs sur réseau sociaux. Je dois être  un vieux … à payer les miens dans mes courses locales, tout comme ne pas marchander ma baguette chez mon boulanger. Bref, je joue rarement, mais vous devez savoir que je suis un fan des produits Polar. Pas forcément tant pour la qualité des produits (qui est bel et bien présente cependant) que pour l’attention de la marque envers ses (rares?) clients. Car oui, on ne doit pas être nombreux à posséder une V800. Montre de triathlon bien fichue, elle n’a pas l’aura de ses voisines de chez Garmin. Du coup, quand la rédaction de Triathlète Magazine  a organisé un concours réservé aux (rare?) possesseurs de V800 en décembre ou janvier pour participer au Triathlon de Cannes, et que j’ai participé, et bien j’ai eu la chance de recevoir un mail début mars de Matthieu m’annonçant la bonne nouvelle. Sauf que j’avais zappé ce concours. Premier réflexe, le vilain spam. Deuxième réflexe, c’est qui? Troisième réflexe: d’où il me connait?? Et là, l’illumination, le concours. Je saute sur ma chaise, j’ai gagné, je vais aller à Cannes voir les stars … du triathlon. Je réponds direct à mon interlocuteur, ravi que je suis. Une fois le mail envoyé, je m’apprête à lever les bras, sauf que mon collier claviculaire m’en empêche. Je l’avais oublié cette fichue clavicule. Je cogite, ça fait trois semaines déjà que l’accident est arrivé. Les douleurs se font de plus en plus rares. Donc, pourquoi pas. Rendez-vous pris en urgence avec mon médecin traitant. Ça sera un NON, mais un oui cependant pour la reprise de l’entrainement. Selon lui, trop risqué de me mettre au milieu de la nage avec des fou furieux en combinaison, sans compter un parcours vélo accidenté qui risque de solliciter les épaules en montée, et trop dangereux en descente en cas de (re)chute. Bref, vous l’aurez compris, encore une course dont je n’ai pas pris le départ. Du coup, j’ai recontacté le père noël de mars Matthieu, en le remerciant pour l’offre, mais que je me désistais sur recommandation médicale. J’en avais gros sur la patate. Mais contrairement à Sénart, j’ai reçu des lots de compensation. En effet, avec l’entrée au triathlon, il y avait deux bonus. Le premier, un abonnement à Triathlète Magazine. Je le reçois donc depuis. Et ca me fait bien plaisir. Je pensais que cela ne m’intéresserais pas honnêtement, bien que je le feuilletais des fois, mais j’ai découvert les plans d’entrainement. En particulier pour un M. Depuis, je le suis avec beaucoup de plaisir, en particulier pour la natation, et c’est ce plan qui devrait m’amener en forme à mon premier triathlon, Chalain (inscrit d’ailleurs cette semaine, plus de recul possible ;)). Et je lis les articles, souvent très honnêtes et avec un parti pris. Je ne partage pas toujours leur vision ni leur avis, mais j’apprécie ce libre parlé non consensuel. Quand on fait du journalisme, même sportif, c’est pas pour faire de la news façon Yahoo, à un mom14052015-IMG_1087-Saint Remyent faut aussi s’engager et creuser/argumenter, quitte à se planter parfois ou à savoir changer d’avis et admettre ces erreurs. Ce qu’ils ont fait parfois mais bref, de la lecture divertissante et instructive, c’est déjà pas mal en ces temps numériques. Deuxième cadeau: une tri-fonction Zerod, avec les logos de Triathlète Magazine et Polar. Alors voilà, je suis un pimpin j’avoue. Je ne roule pas en tenue de vélo AG2r ou avec un maillot jaune LCL et suis souvent à la recherche du plus classique et passe partout (je porte toutefois un gilet jaune sur toutes mes sorties, faut pas plaisanter avec les bigleux de la route en GTI).Mais clairement, une tri-fonction de top qualité, à l’effigie de ma marque d’électronique préféré, et bah j’étais comme mes filles le jour de Noel, une grande banane toute la journée, à déambuler en tri-fonction dans la maison (oui, il pleuvait). Le truc surprenant, c’est que j’étais censé la récupérer le jour J. Mais n’y étant pas, j’avais fait une croix dessus. Donc la recevoir un mois après dans la boite aux lettres, c’était tout sauf attendu.   Ce n’est pas grand-chose (enfin si, c’est le top du top), mais ce geste de Polar et de la rédaction de Triathlète magazine, ça m’a conforté dans ma fidélité envers eux. Car pendant ce temps, l’équipe réclamation Polar a continué à répondre avec diligence et efficacité aux différents problèmes que j’ai rencontré avec ma montre (mise à jour). Beaucoup de gens se plaignent de servir de bêta testeur pour Polar, moi le premier. Mais si la marque continue à être à l’écoute des consommateurs comme elle le fait, et capable de petit geste tout simple comme m’envoyer une tri-fonction alors qu’elle aurait pu la réutiliser pour le prochain concours pour l’Alpe d’Huez, et bien je serais ravi de continuer à attendre patiemment leurs mises à jour et à servir de bêta-testeurs. Comme je le fais avec le compteur vélo V650 que j’ai dans les mains depuis quelques semaines. Mais c’est une autre histoire. Toujours est-il, pendant ce temps-là, d’autres marques (grandes ou émergentes sur Kickstarter) continuent de prendre les clients pour des moutons, et je n’ai pas l’impression que le suivi des réclamations ou les petits gestes soient au même niveau. Je ne dirais pas que Polar est une entreprise à taille humaine, genre PME, mais preuve est encore faite qu’elle compte en son sein des gens avec des notions élémentaires de relation humaines. Et ça, ça fait plaisir.   Sur ce, je vais essayer (encore) ma nouvelle tri-fonction sur les routes, et un grand merci à Polar et Triathlète Magazine de m’avoir offert ma chance, et d’avoir su m’aider à remonter mon moral. En espérant que vous soyez encore de longues années à mes côtés pour m’aider à m’améliorer. C’était mon message en mode gentil. Quand les choses marchent bien, il faut savoir le dire aussi.