Marathon de Sully: le CR

Préambule:

Ce marathon est une revanche improvisée, décidée il y a quelques mois. Le but est d’effacer de mauvais souvenir. Je me contenterais ici de raconter la course, et l’analyse se fera plus tard, basée sur le plan que j’avais présenté précédemment (oui faut suivre 😉 ).

La veille: Samedi matin, je me réveille à 5h, soucis gastriques qui me poursuivront toute la journée. J’essaye de manger le moins mal possible à midi (formation arbitre), et le soir (jambon/pain, y a que ca qui passera), mais rebelote dimanche matin à 6h (j’ai gagné 1h) et juste avant le départ. Bref, pas glop pour les réserves, j’espère ne pas en être victime durant la course. Point positif, surement du gagner 1 kg ou 2 à ce jeu la, toujours ca de pris.

L’arrivée et le départ. Arrivée sur le site, tout ce passe nickel, les gens sont charmants, pas beaucoup de monde encore, les formalités sont faites en 5mn. Je retourne au chaud dans la voiture. J’en sors pour traiter mes symptômes précédemment évoqués,  et du coup me retrouve un poil en retard. Du coup échauffement de 5′ en allant à la ligne de départ.

Pour ce dernier, je me suis volontairement placé au dernier moment. En effet, la file s’est remplie par l’arche donc par le devant et non par le derrière. Du coup, les retardataires se sont en fait retrouvés en première ligne ou presque. Ayant vu le coup venir, je me suis ainsi retrouvé en troisième ligne, donc plutôt bien. Sachant qu’ayant consulté les temps de l’année dernière, c’est pas illogique compte tenu de mes ambitions. j’avais juste zappé qu’il y avait des relayeurs sur 21 et 10km, qui partiraient du coup beaucoup plus vite.

Premier 10km : 42’27. FcMoy : 166 (et un max à 176)

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Un peu surpris, et par le photographe, et par les relais

Bien placé au départ, j’ai pu me mettre dans le rythme assez rapidement. Comme prévu, le cardio est passé dès le début au-dessus des 80%. La bonne nouvelle, c’est que j’ai pu rester au rythme prévu, soit en dessous des 4:14. Durant ce premier quart de marathon, une seule alerte, un concurrent me signale que deux de mes gels se font la malle. Du coup, je stresse, je ne réfléchis pas vraiment et je les bascule dans la poche du côté de la ceinture, histoire de les mettre en lieu sûr dans la poche normalement dévouée aux déchets (et oui, une place pour chaque chose).

 

Du coup, dans la confusion, le zip déraille, je lutte pendant 2/3 minutes pour le remettre dans la cote, mais ça marche pas (je la remettrais en 2s à la maison). Un rythme de 4:14, un peu en deçà des 4 :12 envisagés, mais j’essaye de gérer au plus souple les c
ôtes. Je prends soin tout le long de m’hydrater toutes les 15’ environ (lap auto), contrôler l’allure manuellement  tous les 2km, et je prends un gel à 10km. A signaler que c’est à ce moment-là que je me rends compte qu’il y a des relais parmi nous, donc normal que certains semblent voler. Faudrait un moyen de les identifier.

 

Deuxième 10km : 42’23. FcMoy : 167 (et un max à 174)

Le dénivelé se tasse un peu, d’où la FC max qui descend, mais globalement je me suis endormi. J’ai géré le profil on va dire ondulant comme je l’aurais fait à vélo en mode entrainement, en douceur dans les montées, et un peu plus fort dans le

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Juste avant l’arche du 21, tout va bien

s descentes. Du coup, un peu en retard encore par rapport aux prévisions (42′ pour 10km). Le réveil va venir à l’arche du 21, pour le seul bémol que je mettrais sur la course. Je sais qu’il est parfois dur de trouver des bénévoles. Mais là, c’était le bordel. Poste de relais des semi, les gens traversaient, et trainait au milieu de la route. Le ravito, les bénévoles en train de se prendre en photo et en selfies. Pas de personne pour nous dire où se trouve l’eau ou l’oasis. J’avais besoin d’eau pour le gel pris juste avant, du coup j’ai laissé tomber et pris ma boisson. Et pas de poubelles pour jeter mon gel vide. Un briefing pour nous indiquer que l’on est en Natura 2000, c’est bien, mais ne pas mettre de poubelles à la disposition des coureurs, c’est encore mieux (et dispo sur les autres ravitos).

 

Troisième 10km : 42’15, FcMoy : 168 (et un max à 174)

Toujours un peu de dénivelés mais on attaque la partie descendante mais sur chemin stabilisé. Donc l’allure progresse un p

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Après l’arche des 21, toujours dégouté par le manque du ravito

eu (4’13) pour arriver enfin dans les cibles, la FC étant elles étonnamment dans les cibles. Mon hydratation à base de boissons isotonique plus gels tous les 10kms semblent me suffire, j’attrape juste un verre d’eau au 30ème, et ça continue, je me sens bien. Les mollets tirent depuis le 20ème, mais je m’accroche, je sais que la douleur n’est qu’une information, donc je me prépare à enfoncer le clou. Et surtout, je pense à Rémi, qui a vécu le même épisode sur son marathon de Berlin, et qui m’a bien rappelé qu’il fallait laisser le cerveau au vestiaire. Donc je sais que mollet dur n’empêcheront pas de finir.

Le moment trash (car oui il en faut un): certains se rappelleront peut-être de mon échec sur semi à passer sous les 1h30 pour cause de pause pipi. Du coup, j’avais peur pour un marathon. Mais les affaires du matin semblent avoir éloigner ce problème. Une envie à 18km, mais passée et oubliée une fois l’arche des 21 franchies. Par contre, un concurrent  a été pris d’une crise foudroyante, je le remercie d’avoir eu la décence de se mettre à un mètre de la route pour nous faire profiter du spectacle. Vu qu’il était sur un chemin de traverse, il aurait pu aller un peu plus loin, non mais oh.

Quatrième 10km : 41’51, FcMoy : 172 (et un max à 178)

Vous remarquerez, je me suis enfin décidé à mettre le turbo. En particulier dans la deuxième partie où on longe la Loire. je pensais que ca sera sympathique, c’était juste chiant, on ne voyait malheureusement rien.  Dans ma tête, je dis que je garde encore un peu d’énergie, mais je sais que si j’arrive un peu frais pour le dernier 5k, ça va le faire. Et je donnerais tout sur ce dernier 5k. Je remonte donc gentiment les concurrents, surtout des relayeurs car parti pour 10km, ils sont partis comme des fusées et le payent dans les derniers kilomètres. Et quelques concurrents du marathon, mais pas de trop car on est peu à craquer à ce moment-là, ça arrive en général avant. Je commence à passer en mode zombie, ca devient dur mentalement, et surtout le paysage m’endort, littéralement. Vous voyez quand vous piquez du nez en voiture, que vous sentez les paupières se fermées et que vous commencez à faire des droles de trucs pour ne pas dormir (pincement, mordillage de joues …), c’était moi. Je me motive, surveille le cardio bloqué à 174 depuis un moment. Je fais en sorte de pas le laisser redescendre ni monter, je sais qu’à cette FC, je suis à la limite du seuil (et de la rupture) et je sais/sens aussi que le rythme est bon, donc je m’accroche.

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Bon, je cours pas l’œil rivé à ma montre, mais là, il y avait un panneau à droite (pas le 30 hein 😉 )

Derniers kilomètres.  2.47k? en 9’56. FcMoy 178 et max 184.

Coup de turbo pour approcher les 4’00, que je tiendrais jusqu’à la fin. Il s’accroche pas (les quadris tiraient plus chez lui que chez moi), et je continue à remonter. Mais boudiou que c’est long. D’ailleurs, je n’ai pas vu le panneau 42, mais depuis le 40, ma montre indiquera 2.9km jusqu’à l’arrivée. Je soupçonne une erreur dans le panneau 27 (ça remonte) que j’avais imaginé à la vue de mon temps canon entre le 26 et 27 (3’50). Du coup, je pense que l’erreur est répercutée à la fin car l’arche elle est forcément bien placée, c’est dur pour le moral de certains, mais ça ne me trouble pas vu que je m’y attendais suite au 27. Je sais où est l’arrivée, j’ai juste à tout donner, et je fais de toute façon plus confiance au balisage qu’à ma montre, car les officiels feront comme cela aussi.

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En rentrant dans le parc du château, juste avant la dernière ligne droite. J’en ai marre là ^^

J’arrive dans la dernière ligne droite du parc du château, j’ai l’impression de tout donner, et je vois le compteur affiché un truc en 59 :10, je sais que le contrat est rempli (à aucun moment je n’ai regardé le temps total de course sur ma montre en fait, sauf une fois l’arrivée franchie). J’arrive, vraiment soulagé d’en finir. Deux trois mots avec le speaker, et direction la tente ravito avant de faire des cercles en marchant  dans le parc pour soulager les jambes et évacuer un peu le lactique. Puis direction la voiture pour 2h30 de route pour retrouver la famille, et le retour à la vie normale après près de 3 mois de « contraintes » marathonesque.

 

Au final, une allure de 4:12 comme à l’entrainement sur ma montre, mais 4:14 selon les données de la course, ce qui m’offre mon rêve, c’est l’essentiel. C’est aussi pourquoi je m’entrainais un peu plus vite, car je savais que les montres surestiment ces choses-là.

Une FC moyenne de 169, soit pile poil 85% de FCM. Comme quoi ça marche ;). Après je n’ai pas eu peur de monter très vite au-dessus des 83%, l’idée était surtout de ne pas monter trop vite au-dessus des 85%. Contrat rempli.

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6 comments

  1. Encore bravo ! Suite à ton post j’ai regardé mes FC moyennes de Londres et NY de cette année : 84 et 86% de la FCmax, ça prouve que j’ai joué le jeu 😉

    Je te souhaite si tu regagnes l’envie et /ou le budget de faire Londres un jour… là tu ne te feras pas chier, crois moi !

    1. Madame a des envies de UK en ce moment, je vais peut etre profiter^^. Juste que je suis loin d’être prêt d’avoir envie de remettre le couvert je le crains. Mais je suis déjà en train de la préparer mentalement pour le celtman un jour peut etre 😉

  2. Ben dis donc c’est du sérieux ton histoire, pour quelqu’un qui n’aime pas la distance marathon tu as bien géré ton affaire…Et frais comme un gardon sur toutes les photos en plus…
    Bravo pour cette jolie perf’!

    1. Frais, faut le dire vite. Disons que bien ou pas bien, je suis poker face quoique qu’il arrive 😉
      Pour le fait de ne pas aimer, je sais maintenant que ce n’est pas lié à une mauvaise gestions (la première fois), mais juste que c’est pas ma tasse de thé. Je préfère le plus intense, mais je pense que je n’attendrais pas aussi longtemps que la fois précédente pour retenter l’aventure. Signe que j’ai quand même apprécié.

  3. peut être que tu devrais essayer de courir sans ta combi de tri, ça passera peut etre mieux 🙂
    Felicitations en tout cas. pour un deuxieme Marathon 2h59 aussi bien géré ça coure pas les rues.

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