A mes courses manquées, Bis Repetita, ou pas

Si vous vous rappelez d’un billet précédent, je vous racontais mes déboires lors de mes courses planifiées de ce début de saison. J’avais aussi annoncé que mon retour à la compétition devait se faire lors du triathlon de Chalain qui s’est tenu ce weekend, le 14 juin étant ironiquement l’anniversaire de ma chute en vélo (triste Saint Valentin). Donc ce triathlon était en quelque sorte l’occasion de conjurer la série noire. Sauf que vendredi soir, en discutant avec mes collègues du club, on se rend bien compte que les conditions risquent d’être dantesques, le Jura étant en vigilance Orage. Je me prépare donc mentalement toute la journée du samedi à ne pas y aller, tout en mettant les affaires dans la voiture. Réveil à 6h30, je consulte la météo. 30mm de pluies orageuses prévue à 14h, heure de la course. J’abdique une nouvelle fois.

Mais bon, je me suis préparé, les affaires sont prêtes, et mentalement j’en ai envie. Surtout envie de pouvoir me dire triathlète. Car s’entrainer dans les trois disciplines est une chose. Arriver à enchainer les trois en est une autre. Et ca, seule une course peut permettre de répondre à l’interrogation. Un peu comme un marathon où enchainer plus de 50km dans la semaine rassure sur la possibilité de tenir 42 bornes d’affilée, ne garantie en rien de le finir le jour J. Donc je cherche rapidement des informations sur une course dont m’avait parlé un collègue, et ce dimanche 14 juin, quatre mois après ma chute, ca sera le triathlon M du Sensonnais qui me fera rentrer à nouveau sur une compétition. Et qui fera de moi, mettons fin au faux suspens direct, officiellement un triathlète.

Acte 1 : la natation : 1500m

Le matin, l’eau a été mesurée pas loin des 24°, limite officielle pour autoriser la combinaison. L’organisation a choisi de l’autoriser le matin sur le sprint, car plus de débutants. Mais pour le M l’après-midi, ca sera sans, ce qui effraie bon nombre de concurrents. Je ne sais qu’en penser, je ne suis pas à l’aise en combi (seulement trois séances en eau libre), mais je ne suis pas non plus un bon nageur à priori, donc la combi aurait pu m’avantager. Mais bon, je prends cela comme un souci de moins à gérer, car mettre et enlever la combi, c’est déjà une épreuve en soi. Du coup, après le briefing, on se dirige dans la bonne humeur vers le lac, on se met à l’eau pour s’échauffer et on se met en « ligne » derrière le bateau pour attendre le départ. Départ qui se fera un peu dans la confusion, j’ai dû rajouter 50m vu que les bateaux nous avaient fait dériver vers l’arrière de la ligne. Et que je n’ai pas nagé en suivant le chemin le plus court. Mais peu importe. J’arrive à trouver ma place rapidement (on est que 140, ca aide) et j’arrive à trouver mon rythme facilement. De plus en plus confiant, j’ai l’impression de nager de plus en plus vite au fur et à mesure que les hectomètres défilent, en tous les cas, ma fréquence cardiaque elle augmente bel et bien. Je sors donc en moins de 30 minutes, ce qui pour une première expérience me satisfait sachant que le temps a été mesuré après la sortie de l’eau, ma montre me donne même moins de 29’ pour les 1500m.

Une fois sorti de l’eau, direction en courant la zone de transition, et l’enfilage un peu galère des affaires de vélo (lunettes et chaussettes surtout).

Temps officiel : natation en 29’21 (46ème temps) et Transition 1 en 1’11 (74ème temps)

Acte 2 : le vélo : 44km

Autant j’avais bien préparé mentalement et physiquement le parcours de Chalain, autant celui de Gron fut une découverte. Heureusement, un collègue du club me donnera de précieux conseils sur le parcours. Ca sera vallonné, avec pas mal de faux plats, surtout montants et des descentes franches. Bref, un parcours pour des puissants, ce que je ne suis pas. Le premier tour se passe sous le contrôle du duo cadence de pédalage et FC, afin de ne pas se mettre dans le rouge et ne pas griller les jambes. Cela se passe pas mal, je fais ma course, la FC est haute, mais c’est normal après le sprint à la sortie de la natation plus une longue sortie du parc à vélo en poussant le vélo sur l’herbe. Le parcours monte direct, donc pas facile de récupérer sur ce début de course. Je me cale à un rythme où je suis bien, me désaltère, et reprends pas mal de concurrents qui ont fait une meilleur nage et une meilleur transition que moi. Et je me fais doubler par deux trois concurrents, visiblement très bon cycliste, que je n’essaye même pas de suivre tant ils sont à l’aise. Chacun sa course. A l’entame du deuxième tour, ma montre accroche le cadre en voulant prendre un bidon, je n’ai donc plus accès aux informations de FC, vitesse ou cadence. Je navigue donc aux sensations. Je dois m’en sortir pas trop mal, car je ne double pas ni ne me fais pas doubler. Donc le rythme doit être correct. Mais j’ai quand même l’impression d’avoir été un peu trop vite. Je me ferais juste rattraper par deux trois avions de chasse en formation serrée sur les deux derniers kilomètres, j’avais levé le pied pour essayer de récupérer un peu de fraicheur. Car le temps lourd a fait des dégâts sur mon organisme, comme chez tout le monde en fait.

Retour sur le parc à vélo avec toujours cette interminable course sur l’herbe avec le vélo. Une transition éclair, dont je suis pas mal fier, pour passer du mode vélo au mode CAP. J’oublierais juste mes lunettes, mais ce n’est pas grave vu la météo. Et c’est parti pour 10 bornes, ça aurait du être la cerise sur le gâteau, c’était oublié qu’on est encore tôt dans la saison, et les cerises encore un peu vertes.

Temps officiel : Vélo en 1h23mn09 (37ème temps, environ 31,75km/h pour 44km et un D+ de 530m environ) et transition 2 en 41″ (24ème temps).

Acte 3 : la course à pied : 10km

C’est parti pour trois boucles autour du lac. Rien de bien folichon malheureusement, le parcours est assez tristounet entre chemin le long de la zone industrielle, de la voie ferrée et que trop peu autour du lac. Toujours en galère avec la montre, pas d’informations pour courir. Donc je pars à un rythme soutenu mais pas trop qui devrait me permettre de finir. Au fur et à mesure des tours, j’accélère et commence à reprendre bon nombre de concurrents qui commence à coincer. Mais moi-même, je suis loin de mes meilleurs jours, et j’ai un rythme bien lent, inférieur à mon allure semi, voir marathon parfois. Bref, peut-être trop de prudence, surement pas mal de fatigue, la CAP passe de manière monotone et sans saveur. Moi qui pensait y prendre le plus de plaisir, c’est raté. C’est dommage, car les bénévoles et les ravitos sont bien présents et aident bien. Mais je ne suis pas dedans. Je finis sans réel plaisir, ni souffrances d’ailleurs, cette partie CAP.

Temps officiel : 42’20 (17ème temps).

Temps final tout compris : 2h36mn42 (25/140).

Acte finale : le buffet.

Environ 30 minutes. A me goinfrer de pain d’épices (un peu), de fruits secs (beaucoup) et frais (à la folie). Et surtout, chose qui n’arrive jamais, boire du coca. Et de l’eau. C’est là que je me suis rendu compte que j’étais vraiment à bout niveau énergie. J’étais bien debout, pas mal aux jambes, mais juste une énorme envie de manger. Chose que je n’avais jamais éprouvé après une course à pied, que ce soit 10m, semi ou marathon, qui ont souvent tendance à me rassasier et à m’empêcher de manger pendant au moins 6H. Ce qui me fait dire qu’il va falloir que je modifie mes habitudes pré course (le gatosport n’est plus nécessaire, ni suffisant en fait) et aussi pendant la course (les gels étaient surement pas assez riche en calories). Ainsi que les jours précédents, plusieurs fois que j’ai eu très faim les jours avant, et surtout le vendredi et une compétition de natation (3h en relais) où je n’avais pas arrêté de manger durant l’épreuve. J’ai pas voulu écouter mon corps qui me disait de manger plus les jours avant, me disant que c’était plus du stress du fait que j’avais réduit le volume d’entrainement, plus je ne voulais pas partir avec de surcharge. Avec le recul, c’était surement un message du corps en surcompensation qui avait besoin de faire les réserves, ou qui se préparait pour le “combat” à venir.

 

Epilogue :

Mitigé.

Je suis déçu de ne pas avoir pu participer comme prévu au triathlon de Chalain. Mais il s’est couru sous la pluie, donc avec le recul je ne regrette pas trop car j’aurais appréhendé le vélo sous la pluie, et une chute sur mon premier tri aurait pu rendre compliqué mentalement la suite dans ce sport.

Je suis déçu de mon temps. Mentalement, je pensais faire moins de 2h30 à Chalain. Avec le recul, et les mêmes allures, j’étais bon pour moins de 2h30 à Chalain. Mais 4 bornes de vélo en plus, une transition 2 plus longue, et surtout un parcours, à mon sens, plus exigeant auront rallongé l’addition. Plus clairement, je n’ai pas été assez fort pour tenir les 40 minutes sur 10 kilomètre. Là encore, surement le vélo, mais aussi une préparation incomplète. J’ai fait ce que j’ai pu, mais pas assez d’enchainement Vélo dur/CAP dure. Et seulement trois mois de préparation. Ce n’est pas assez, mais c’est comme ça.

Je suis ravi d’avoir fini mon premier triathlon. 2h30 c’est long, mais ca passe super vite quand on enchaine les trois disciplines. Et c’est nerveux sans être violent, c’est assez spéciale. J’ai retrouvé les sensations d’un semi niveau sensation physique, mais mentalement plus proche d’un 10km car toujours à fond en fait.

Je suis ravi de ma natation. Je n’ai pas filé droit, mais je n’ai pas trop dérivé. Et surtout, je n’ai pas subi ni niveau rythme, ni niveau physique avec finalement peu de frottements avec les autres concurrents. C’est souvent un souci pour les débutants, mais là tout le monde était sympa, courtois, on se touchait parfois les pieds et les épaules, mais pas de coup de pied ou de poings comme on peut le lire parfois. C’est cordial, et ce fut comme ça tout le long, donc merci et bravo à mes camarades du jour.

Je suis ravi d’avoir choisi Sens. Malgré un choix de dernière minute, je n’ai eu aucun soucis à m’installer, m’inscrire, me garer, sortir, trouver ma voie en vélo, me restaurer. Bref, l’organisation au top. Merci à tous les bénévoles, surtout sur les routes et au buffet, pour leur gentillesse et leur patient. Et leur parcours vélo était bien agréable, malgré le début sur le tapis.

Bref, j’aime toujours la CAP, et clairement, je reviendrais sur semi. Sur 10 pas sûr, c’est vraiment pas mon format. Mais le triathlon me correspond bien aussi surtout ce format M. Car j’y ai retrouvé ce type d’effort du semi “au seuil”, c’est-à-dire à la limite de la rupture tout le temps, sans pour autant se faire violence ou se la couler douce. Bref, j’irais voir surement du côté du L ou HIM (un semi en course à pied), mais le format M me convient bien. Et c’est sûr, j’irais voir aussi du sprint pour me faire un peu plus violence. En tous les cas, l’entrainement en multisports, c’est bénéfique. Ça permet de se détendre tout en continuant à forger l’endurance. Je suis toujours un peu hésitant sur comment organiser mes entrainements, j’ai toujours un faible pour le jogging, mais clairement, j’ai pris de plus en plus de plaisir à sortir à vélo, à ma très grande surprise je dois le dire. Je vais donc m’y concentrer un peu plus durant les vacances d’été.

Sur ce, rendez-vous dans un mois pour de nouvelles aventures dans le triple effort, avec le triathlon M de Bergerac. Une nage en rivière à  contre-courant, ça devrait être sympa aussi. En espérant pouvoir vous mettre des photos ce coup-ci.

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4 comments

  1. bravo pour ta course ! franchement après tes péripéties t’as bien carburé ! super pour la nat’ !!

    ton compte-rendu de cette course je pourrais presque le copier coller pour celui de mon half en allemagne, tout pareil, vraiment !
    (et moi j’avais bien aimé l’intensité du M, je préfère au half… -dit-il d’un ton sûr de lui après avoir fait une course de chaque avec un an d’intervalle 😉 )

  2. J’etais passé à coté de cette course on dirait.

    Je te trouve extrèmement sévère avec toi même. Déjà au regard des classements sur chacune de trois disciplines, ensuite pour un premier tri ou sans être un expert j’imagine que beaucoup d’erreurs peuvent être comises.

    Jai l’impression que tu es moins déçu par le vélo car c’est là ou tu n’avais pas d’expectatives. A vouloir à tout pris performer sur la CAP tu dévalorises un 42’20 qui te place très près du premier décile (pour un premier tri, je me répète). Tu pourrais aussi bien te dire que malgré ton inexpérience dans les 2 autres disciplines et ton apréhension du vélo tu as réussi à te placer dans des conditions suffisament bonnes pour être meilleur que 85% des participants sur la CAP…
    Une fois que tu auras trouvé une routine d’entrainement et d’alimentation qui te convienne, je suis sur que tu pourras tirer encore meilleur profit de tes capacités en CAP.

    Tu nous avais déjà orienté sur la piste de ton exigeance démesurée en t’affublant d’un “mauvais nageur” malgré un 46ieme temps. Le niveau doit être vraiment très nul en Bourgogne :D.

    Je suis le premier à penser qu’il ne faut pas se satisfaire facilement de son niveau et de ses résultats, mais là j’ai l’impression que tu te gaches tout seul une première expérience qui a pourtant l’air d’être une franche réussite ! C’est bien dommage car même si ton niveau est plus que bon, ça devrrait rester un Hobby tant que tu ne vises pas une qualif’ pour les JO 😉

    Amicalement.

    1. Merci THomas.
      En fait, la course a été digéré depuis. Effectivement, un peu sévère, mais je suis comme ca, élitiste et jusqu’au boutiste de mon potentiel.
      Reste que le classement est hautement dépendant de la concurrence. Les temps, j’aurais pu faire mieux. L’experience aidant, ca été fait il y a quelques jours, donc tout va bien 😉

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