15/11/2014 : Semi-Marathon de la vente des vins de Beaune

Et voilà, en cette mi-novembre, me voici parti pour ma dernière course de l’année. J’ai choisi le semi-marathon de la vente des vins de Beaune car, a) ce n’est pas trop loin de chez moi, et j’aime bien faire les courses locales, b) ça sera l’occasion de voir des amis de longue date que je n’ai pas vu depuis longtemps, et c) Beaune est à priori un cadre plus que sympathique. On va régler le petit c : pas de belles photos de vigne aux couleurs automnales de ma part. Malheureusement, le climat a été assez pourri ces dernières semaines, et donc plus de feuillages sur les vignes vaincues par des litres d’eau.

Etape 1 : arrivé à Beaune et préparatifs

En ce qui concerne la course, le départ est à un confortable 14h, ce qui permet de partir dans le calme avec femmes et enfants, de se rendre au forum pour retirer le dossard déjà envahi par le monde deux heures avant le début de la première course, et ensuite direction les amis pour les retrouver après leur matinée dégustation. Ils profiteront d’un bon plat de bolognaise tandis que je me contenterais de mon Gatosport. Et oui, vive les estomacs délicats. Mais je ne veux pas prendre de risque, alors je suis raisonnable, me contentant de quelques pates chipées à ma fille n°2. Ensuite en route pour le point de départ situé en centre-ville, mes amis devant rejoindre leurs amis participant au 10 km partant 20 mn avant le semi, ça me laisserait le temps de m’échauffer brièvement.

Etape 2 : le placement dans la fosse de départ et « les » départs

Encore une fois, placé bizarrement. J’avoue que je suis encore indécis sur la meilleure option pour se placer au départ. Soit on se place direct, mais on attend dans ce cas-là au moins 20 minutes en profitant certes d’une bonne position, mais perdant l’échauffement. J’ai choisi de m’échauffer un peu plus, et plus près de l’heure du départ (je suis plutôt long à chauffer), et n’ai patienté que environ 10mns. Je me suis ensuite faufilé moyennant une escalade de barrière dans la foule pas trop compact environ 20 mètres après la ligne. Donc pas idéal, mais pas si pire. De toute façon, il y a des gens pas à leur place dès les premières lignes. Donc, au moins, ça me servira de guide pour partir pas trop vite sur les premiers kilos que je me dis pour me réconforter.

Place au traditionnel ban bourguignon les mains en l’air avant le départ, le loupage de décompte au départ, et nous voilà parti au deuxième décompte. Et ça part mal. Ça n’avance pas, un virage plus une patte d’oie créant un trafic un peu chaotique. Sans compter ceux s’arrêtant sur le bas-côté pour faire la bise à leur famille (Si si). Le premier kilomètre se fait donc de manière un peu tendue, comme d’habitude en fait, mais ça double plutôt bien, enfin disons dans la bonne humeur. Le premier kilomètre est parcouru en 4:37, soit plutôt cool comme départ.

 

Etape 3 : Première partie de course ou 10km plutôt cool

Enfin plutôt cool, je suis déjà à la fin de ce kilomètre à 90% de ma FMC, et je ne repasserais pas en dessous, alors que c’est supposé etre la moyenne sur un semi. Mais bon aujourd’hui, c’est mode feeling . Car aujourd’hui, j’ai décomposé le parcours en un premier 10km plat (ou presque), et un 10 km de montagnes russes. Mon plan : je cours à “fond” les dix premiers kilos, et je grimpe à encore plus à “fond” les montagnes russes.

Après ce premier kilo en ville, on passe directement dans le vif du sujet, les vignes. La pluie étant tombée non-stop le vendredi, les routes vigneronnes sont aussi empruntées par des torrents d’eau, ce qui limite la progression du flux des coureurs en supprimant environ 1/3 de la route disponible. Cela monte en plus doucement mais surement, c’est donc un mélange trail dans les parcelles et sur la route qui me permet de remonter gentiment les concurrents. Un rythme un peu lent, une légère douleur sur le mollet comme lors du 10km, et une FC stratosphérique. Bref, un début de course classique.

Au kilo 5, le premier village vigneron se profile. Pommard. Un de mes vins rouge préféré. Par réflexe, la main se porte direct sur la gourdasse dans le dos, une giclée de potion, une grimace de dégout avec la déception du gout citron plutôt que la saveur Pommard 2003 tant espérée (j’en ai retrouvé un à la cave ce dimanche matin d’ailleurs, je l’ai informé de sa mise à mort dans les règles de l’art le week-end prochain). Sous le choc de la déception, vla t’y pas que je me retrouve à forcer l’allure. Arrivée à Volnay, tentative à la gourde. Rhaa, toujours pas le gout vin rouge, ça reste cette cochonnerie de boissons de l’effort. J’ai besoin de plus là, je suis partis pour faire n’importe quoi, j’ai besoin d’une vrai boisson. Et je ne vous parle pas de ma déception de ne pas avoir vu de verre de vins au ravito à Pommard, j’ai dû confondre avec la Saint Vincent, erreur d’agenda au combien funeste.

Mon sang commençant à tourner au blanc par manque de vin rouge, je quitte Volnay direction Meursault toujours plus énervé, me lançant sur les routes vigneronnes accueillant des litres d’eau à défaut de vin et en sautant dans les flaques autant pour me défouler que pour me venger de mes adversaires qui prennent à malin plaisir à me cracher dessus. De plus, les flaques sont la ligne directe, pas envie de faire du rab aujourd’hui. Et si comme moi gamin vous avez appris à sauter dans les flaques, vous savez qu’il faut mieux être celui qui saute à pied joint dedans que celui qui se marre sur le côté. Plus sérieusement, après les premiers kilos qui montaient, me voilà donc à parti du 7 à redescendre légèrement, et donc les allures qui deviennent de plus en plus flatteuse pour finir par traverser le parc du Château de Meursault (La Grande vadrouille ) à un tout rond 4:00. De jolies allures, une FC toujours haute, trop haute, mais je me sens bien, et plein de jus. Je continue, et commence même à rêver de belles choses. Mais je sais que le plus dur reste à faire. Meursault marque la fin des dix premiers kilos (abattu en 41:54), et le début de la phase ascension. Ce n’est pas les Alpes, mais ça monte parfois bien raide.

profil polar beaune

Etape 4 : deuxième partie de course ou les montagnes russes de Beaune

Pour sortir de Meursault, ça monte, régulièrement mais longtemps. J’avais eu le déplaisir de le découvrir lors d’une Saint Vincent, et bizarrement aujourd’hui à “jeun” et bien préparé, la monté de deux kilomètres se fait à bon train, et en bonne aisance. Gros moment plaisir. Ensuite, redescente sur Volnay. J’en profite pour récupérer à un pépère 4:02 dans la descente du K13 (+5m, -20m) avec les quadriceps qui brulent et hurlent, mais pas autant que les chaussures des concurrents. C’est là que je me dis qu’en fait, je suis en grande forme. La montée c’est bien passé, même si j’avais repéré et commencé à craindre celle du prochain kilomètre qui me fera gagner en altitude tout ce que j’avais perdu dans le kilomètre précédent descendant. En fait, c’est un petit bout de route raide mais roulant qui nous fait rentrer à nouveau dans Volnay, je le monte à bon train et peut réattaquer direct après, je suis de plus en plus surpris par ma bonne forme, et surtout par le peu de fatigue malgré le fait que je taquine en moyenne les 95% de FCM depuis quelques kilomètre déjà.

Après Volnay, on descend à toute vitesse sur Pommard (3 :45) avant de réattaquer des montées. Montées que je savais présente, mais dont je n’avais pas anticipé le caractère piquant, voir technique. Pendant deux kilomètres, c’est chemin viticole étroit, moyennement pavé, gorgés d’eau, bref le paradis pour le pseudo trailer qui se cache (mais alors bien profond) en moi . Malgré cela, je ne fais pas le malin, mais je continue à reprendre gentiment du monde sans me faire doubler, monte au train, en faisant attention de bien passer sur les extérieurs des virages en épingle pour ne pas me cogner les plus forts pourcentages. J’arrive même à ingurgiter un gel dans ces passages terribles (toujours aussi peu plaisant ce coup de fouet). Les allures sont pas folichonnes (4 :31 et 4 :33), mais je pense avoir fait preuve d’humilité et avoir baissé le rythme suffisamment, en espérant que je n’ai pas trop puisé dans les réserves pour la suite.

En fait, je commence à douter. Le profil de la course semblait plutôt indiqué que ça aurait dû descendre depuis quelques kilomètres déjà. Mais me voilà toujours en train de monter. Ca commence à faire mal au moral, surtout que les jambes commencent à demander merci en approchant le KM18. Mais ce qui me remonte le moral, c’est que le cœur va toujours bien, et que je suis toujours dans les temps pour le temps record que j’ai dans un coin de ma tête. Et ca c’est autant inespéré que revigorant. Donc je réattaque à fond la descente et les quelques mètres de montée sur les deux kilos suivants. Ensuite, on attaque le contournement de la ville de Beaune par le nord, en longeant les vignes ou les faubourgs, mais sans que ce soit vraiment palpitant. Je me concentre juste sur la foulée, regrette d’avoir négligé le travail de PPG, surtout le gainage ces dernières semaines qui aurait peut être soulagé mes abdos qui me supplient d’abdiquer, et je m’efforce de me dire que 2km, c’est peanuts comparé aux séances de seuil que j’affectionne tant.

Etape 5 : l’arrivée et la satisfaction du devoir accompli
Dernier 400 mètres en ligne droite, la délivrance est au bout. Un camarade de souffrance nous lance le défi de tout donner sur la fin, j’hésite, le vois partir, puis le suit et enfin le double. Il me dit que ces mollets l’ont trahis, que je triche avec ma coupe de cheveux aérodynamique (avec la vitesse, ça forme un casque type CLM, ça améliore le drag il parait, la drague euh non, surtout quand l’on est rouge comme une grappe bien mure). Je franchis la ligne, un doigt sur la montre que je ne regarde pas, un œil sur le chrono 1h28mnXX (sérieux ???) et j’aperçois ma famille et mes amis, que je m’empresse de rejoindre après avoir pris le temps d’attendre notre tentateur du dépassement de soi dans la dernières ligne droite pour lui serrer la pince. Direction le stand de ravitaillement et de cadeau, je prends le temps de jeter un coup d’œil sur la montre. 1h27mn22 (officiel 1h27mn23) pour 21,18km, soit un joli 4:07 de moyenne, un 184bpm de moyenne et une nouvelle FCM sur la fin de 198 (au lieu de 197 précédemment). Encore un léger négative split (le deuxième 10km en 40 : 58) malgré le fait que je pensais faire un positive split ici.

Dans l’aire de récup, je réfléchis à la stratégie de course. Contrairement à mon premier semi il y a un mois, là je suis parti à fond, et n’ai rien lâché. Et c’est joliment passer. Au final, je fais un temps que je n’aurais jamais rêvé de faire sur un tel parcours. Grac aux plans du site Conseils Course à pieds, plus un entrainement à la FC selon les principes de Christian Delerue, j’ai l’impression que je suis arrivé bien préparé, et avec une bonne connaissance de moi-même. Bonne connaissance rendue aussi possible par le semi de Semur qui a été courue avec beaucoup plus d’attention, et qui selon moi à permis de mettre les jalons. Bref, je vais donc persévérer à ce mixage des approches, les résultats étant plus que satisfaisant en ce qui me concerne. Avoir atteint le sub 1h28 cette année alors que c’était l’objectif de l’année prochaine me laisse du coup encore plus perplexe sur l’orientation de la suite de mon programme. Mais j’ai tout l’hiver pour y réfléchir, mais ca sera surement du mi long voir du long.

Les chiffres, dès fois que ca interesse quelqu'un

Les chiffres, dès fois que ca interesse quelqu’un

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12 comments

    1. Honte à moi, j’ai oublié de vous parler de ca.
      Oui une bouteille de vin , cuvée spéciale Semi et à priori pas dégeu car la pour faire la promotion de la région.
      Sinon, eau, barre spéciale K (j’aime pas), et le kit de réparation du bonhomme signé Urgo (Strapping, pansements ampoule, cure magnesium).

      Pas de t shirt, je suis un peu décu, j’aime bien les t shirts de course, ca permet de faire de la pub, et ca evite d’en acheter. Tant qu’il y a pas marqué finisher en gros, ca me derange pas de faire de la pub pour brooks, adidas ou les supermarchés Cora. Je suis ravi de pouvoir faire de la pub à ceux qui nous permettent de courir pour pas trop cher. (Contrairement à MDP et 1/2MDP où c’est le coureur qui sponsorise la publicité des grandes marques).

  1. hé béh!!! ça me laisse songeuse, bravo!!! et tes chiffres m’intéressent ;o))
    moi aussi j’aime bien les t.shirt de course, je les mets pour aller me la péter un peu en traversant le village les lendemains de compétition, j’adore!!!
    a part ça les conseils de Christian Delerue, on les trouve où?
    encore bravo! j’imagine que ta famille devait être fière de toi ;o))

    1. La famille ne se rend pas vraiment compte de ce que représente le temps, ni même l’effort. Un semi ou un marathon ont été banalisés pour le grand public qui veut toujours plus (ca sera surement un billet d’humeur un jour). Seul le classement les aide à replacer la performance dans le contexte. Mais bon, je cours pas pour la reconnaissance de mes pairs, ou de ma famille,c’est purement égoiste 😉

      Sinon, pour l’approche de Christian http://www.conseils-courseapied.com/pdf/memoire-entrainement-a-la-fc-Christian-Delerue-2005.pdf
      C’est un gros un test qui te permets de définir les relations entre des allures, et des FCs de travail correspondant à ces allures. Pour plus d’infossur l’entrainement, il y a quelques infos à glaner sur le forum courir en bretagne. Il ya des coachs (pas beaucoup) qui utilisent couramment cette approche pour conseiller quelques coureurs, moi je fais cela plus en autodidacte. En gros, je prends le thème et l’organisation des séances ailleurs, et définis les allures de travail à l’aide des FC déterminés par son test. La aussi, je ferais un post un jour pour expliquer un peu plus, ca me semble intéressant de montrer que ca existe. C’est pas fait pour tout le monde car c’est se concentrer tout le temps sur une FC à atteindre (à 1:2 pulses près pendant des blocs de 10mn), mais je suis moi même allergique à l’idée de courir à une allure constante (ou un effort constant) pendant une heure. Bref, il y a suffisamment de méthode pour que chacun trouve celle qui lui convient le mieux.

      1. merci pour le lien, je vais y jeter un coup d’oeil, ,à mon petit niveau toutes les infos sont bonnes à prendre, même si je ne suis pas la cible visée;o))

      2. Ah la famille, quelle bande d’incultes, même pas fichus de comprendre la science subtile de la course à pied! Moi qui pensais que la montre et le cardio c’est juste pour faire joli et se la péter avec quelques gadgets techniques. Alors comme ça, faut pas juste partir et courir ? Faut aussi réfléchir, préparer sa course et la gérer ?
        Allez, je retourne sur le banc des supporters, tout ça me passe au-dessus 😉
        Bisous

  2. bah tu as tort ;), tout le monde est potentiellement concerné. C’est comme l’EF, une fois la courbe faite, c’est propre à chacun. Si je vois surtout des très bon faire de belles choses avec un entraineur qui les conseille, je trouve qu’à mon niveau et tout seul, ca m’a deja fait beaucoup progressé. En se basant sur les conseils fournis sur le fofo courir en bretagne, on arrive à cerner la méthode dans ses grandes lignes. APrès, il y a des ficelles que tu acquiers avec l’experience, d’où l’interet d’un coach, mais c’est valable pour toutes les méthodes.
    Allez, je te fais un post avant la fin de l’année pour t’expliquer tout ca. C’est vraiment une méthode pour les gens rigoureux, qui savent (et veulent) se controler pour respecter une consigne de cardio, c’est la seule contrainte. Que tu ais une VMA de 20 ou de 10, ne changera rien.
    Si par contre tu préfères t’entrainer avec plus de liberté, et bien, il y a plus adapté ailleurs, et la méthode Delerue ne t’apportera rien, voir va te faire devenir chèvre. Les plans que tu as choisi (CCAP) sont par exemple très bien, j’en suis très content, la seule contrainte étant des bornes larges en FC sur l’ensemble de la séance. J’ai aussi commencé un plan glané sur plans-entrainements.net, basé sur l’allure. Ca a l’air bien varié aussi. Bref, il y a le choix 😉

    1. Ah ba c’est marrant je vois que c'(est noté Fabrice, j’étais partie dans l’idée que tu t’appelais Fabien me demande pas pourquoi!!! (remarque inutile)
      Sinon tu parles du forum Courir en Bretagne??? Mais tu cours en Bretagne ou pas??? Non parce que si c’est le cas préviens moi vu que j’habite à Lorient histoire que je te passe devant sur une course (ouai ben ça va j’ai bien le droit de rêver un peu quand même!!!)

      1. Non pas breton. C’est que Christian Delerue est breton, et qu’il a du coup développé le forum avec les athlètes autour de chez lui, et donc la méthode. Mais d’autres l’utilisent en dehors de la Bretagne. Le forum n’est malheureusement pas très actif.
        Et donc du coup techniquement, tu as 100% de chances d’arriver avant moi aux courses bretonnes auxquelles tu participeras 😉

    2. en fait c’est coach-chéri qui va gérer la compréhension du truc en question et il m’a déjà prévenu qu’il allait me faire faire un test de je ne sais trop quoi suite à son début de lecture…merci FAB, je sens que je vais bien m’amuser !!!

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