Mon Premier 10km : La Chevignoise

Après mon premier semi, voilà venu le temps de tenter de faire une marque sur une autre distance mythique : le 10Km.

Donc me voilà ce dimanche 2 novembre parti pour un 10km, un des derniers de la saison, à Chevigny Saint Sauveur près de Dijon. Départ de la maison à 8h30, histoire d’avoir le temps de faire le trajet, de se garer, de retirer le dossard et la puce tranquillement. Et effectivement, toute l’avant course s’est passée nickel. Facilité de se garer et des GOs à disposition pour vous guider, retrait des dossards sympathique et efficace, j’arrive au moment où le 4km5 se court, on encourage donc un peu les participants tout en s’échauffant. Bref, je suis tranquille, peut-être un peu trop car je décide de me rapprocher de la ligne seulement 10mn avant le départ.

maillot chevignoise11h moins dix, je me retrouve donc plutôt à l’arrière de la masse de coureur qui s’est mise en place rapidement et un peu toute seule. D’ailleurs, les organisateurs sont obligé de faire reculer le troupeau (compresser un peu plus en fait car on ne bouge pas une masse de coureurs, on la compacte, comme dans le métro) pour placer les élites au premier rang. Et là, je suis en train de réaliser que j’ai fait une bêtise. Je suis beaucoup trop loin. J’en vois qui essaye de mieux se placer, qui se font sermonner, je me dis “non, vraiment ca doit pas se faire”. Et pourtant je vais le regretter.
Départ, c’est la cohue, on se marche dessus littéralement, je remonte autant que je peux. Mais le départ n’est vraiment pas idéal. Le parcours est super bien balisé, mais sur le premier kilo, c’est le royaume de la rubalise et de la rambarde en fer, avec des rétrécissements incompatibles avec le nombre de coureurs du jour. On est plusieurs à slalomer pour remonter, plusieurs à avoir loupé le coche du placement au départ. On est même obligé une fois de marcher, un de mes compagnons de remontée manque de s’empaler sur une barrière, bref, c’est chaud sur les premiers 800m. On fait une boucle, on repasse par les mêmes endroits à la fin du premier kilomètre, et on voit bien comme tout se passe de manière plus fluide dans ces chicanes avec moins de monde.

Bref, le premier kilomètre est avalé en 4:35, avec le cardio montant d’entrée de jeu à près de 94%, le palpitant paye cache les dépassements.

Les kilomètres suivant seront dans le même esprit, étant parti loin, je remonte beaucoup de monde. Impossible de caler un rythme constant, bien que la FC reste calme, et l’allure pas mauvaise. Etant en phase de test d’un nouvel objet pour mesurer la FC (capteur optique) et galérant à bien le positionner pour avoir des mesures fiables, il est possible que les chiffres soient un peu faux. Mais de toute façon, j’avais décidé de courir à la sensation et de ne rien lâcher. Je me cale donc à un rythme proche du seuil, et j’essaie de m’y maintenir. Encore beaucoup de monde, ca dépasse un peu dans tous les sens, même si ca ne frotte pas, ou plutôt ca frotte les arbustes et les rubalises. On a cependant le droit à certaines remarques à la cantonade désobligeantes et constructives du genre : “bravo les gars, c’est comme ça qu’on court”. C’est sûr qu’à trois de front sur le chemin en train de papoter, c’est une meilleure façon de courir un 10 km officiel, ça change de la semaine.

Bref, suivant diverses consignes, je me “calme” jusqu’au km6 histoire de pas trop perdre de jus. Surtout que durant les kms 2-3, le mollet gauche me titille sur son coté extérieur. C’est une douleur que j’avais déjà eu mercredi, qui m’avait poussé à ne faire que de l’EF alors que je voulais faire un peu d’EA. Aujourd’hui, j’hésite car cette course n’est pas un objectif, mais j’ai aussi pris la résolution de ne pas faire la chochotte aujourd’hui. Donc, Shut up muscle, tout se joue dans la tête, je continue à “fond”. Les kilomètres s’enchainent à bon rythme, à une allure aux environs de 4:00 par kilomètre, soit plus ou moins le rythme envisagé. Je fais attention à pas monter trop haut, et à rester sous les 95% de ma FCM.

Ravito du km6, j’ai fait rapide en prenant juste un verre de grenadine. J’aurais peut-être pu m’en passer, mais en même temps, cela m’a fait du bien ce petit coup de fraicheur qui valait bien les quelques secondes perdues. Après ce kilo 6, je décide de continuer à monter un peu le rythme, la FC n’ayant pas l’air trop haute. Je me méfie de mon truc pour la mesurer, mais les sensations sont bonnes, et je commence à savoir quand le palpitant va trop loin (au-dessus de 194 ou 98% en général, peut être un souci dans l’estimation de ma FCM, mais ce n’est pas le problème du jour). Pour l’instant, ça va. Les jambes vont bien, je me sais à la bonne allure, mais je sens aussi que je ne peux pas aller beaucoup plus vite sans le payer. N’oublions pas que c’est mon premier 10km couru à cette vitesse. Je continue donc à “gérer le rythme”, à remonter des concurrents (ça aide le moral), et essaye de pas me faire trop griser par quelques personnes qui essayent d’accrocher le wagon au passage, mais qui ne tiennent que quelques centaines de mètres. C’est à ce moment que je me dis que j’aurais vraiment bénéficié de partir avec des gens de mon niveau, ils auraient pu me motiver à “m’arracher”. Là c’est un effort solitaire, j’aime bien, mais un peu d’émulation ferait du bien aussi, et m’aurais peut-être motivé à courir un peu plus vite sur les précédents kilomètres. Bref, 3 kilos de plus à bonne allure, avec la FC qui monte inexorablement, preuve que je ne suis pas à mon AS 10 contrairement à avant, mais ça passe à +/- 3:52 au kilo.

@focale.info Nicolas Goisque la chevignoise 2014La fin sera encore plus à fond, je ne regarde plus ni le cardio, ni l’allure, juste je cours le plus vite possible pour tenir un kilomètre. Sur la fin, je rattrape un concurrent, qui tente encore une fois d’accrocher le wagon. Et il y arrive de fort belle manière, et me dépassera d’ailleurs en sprintant sur la fin tel un dératé. Je sais que ça énerve certain, moi ça m’a amusé. Déjà car je sais que j’aurais difficilement sprinté et je ne voyais pas l’intérêt (je savais les 40 manqués), je ne voulais pas me blesser avant le semi de Beaune dans 2 semaines, et finir fatigué pour cette semaine de prépa chargée. Enfin, c’est un footeux je pense, ils ont la hargne de finir comme cela. Et avec le recul, c’est ce qu’il me manque cette hargne. Dernier point, il l’a fait dans un bon esprit j’ai trouvé, car il a motivé d’autres personnes à s’accrocher sur la fin, et surtout, il est venu serrer la main et féliciter les personnes doublées en sprintant une fois la ligne passé, bref, un beau geste. Donc je ne l’ai pas pris mal. De toute façon, je peux lui laisser la victoire sur la ligne, je ne me bats que contre moi-même et l’horloge.

Temps final (40’47, je soupçonne la puce d’avoir été déclenché pour tout le monde au même moment, car je n’ai pas vu de tapis au départ), mais à ma montre, 40’29 pour 10,11km, donc échec pour une poignée de secondes, mais bon, je dois être abonné à ces secondes en trop, ça laisse des objectifs pour l’année prochaine ;).

Une fois la ligne franchie, toujours les bénévoles au top. Boisson et petites douceurs dans une bonne ambiance sans cohue, tip top. Retrait du T-Shirt en échange de la puce en deux minutes, là aussi, c’est pro.

Ce que je retiens de cette course. Les sub 40 vont demander encore un peu de boulot, surement de la vitesse, beaucoup de mental, et une meilleure gestion du départ et sa cohue. J’ai l’impression d’avoir mieux géré mon effort. A part les deux premiers kilomètres un peu fou, le reste a été fait au feeling. Je ne finis pas totalement dépouillé, je rentrerais à la voiture en courant, et pas de courbatures. Mais en même temps, j’étais bien content de voir la bannière d’arrivée, donc je pense que j’ai couru à au moins 90%, voire 95% de ce que j’aurais pu faire, donc pas trop de regrets de ce côté-là (juste un peu pour les kilos 2 à 6, ou j’aurais pu grappiller quelques secondes). Mais la prochaine fois, je me placerais plus tôt, et jouerais des coudes pour etre mieux placé sur la ligne.

Du point organisation. Si on omet bien volontiers le premier kilomètre ultra dangereux et totalement inadapté, le parcours est plutôt roulant. Pas mal de virages, mais pas trop de dénivelés. De plus un fléchage et un encadrement au top par les bénévoles font que l’on ne réfléchit pas du tout au chemin, on suit. Et de l’inscription à la remise du t-shirt, toute l’organisation et les bénévoles sont merveilleux de gentillesse et d’efficacité. Bref, déçu de ne pas être passé sous les 40minutes, mais pas rancunier, c’est avec plaisir que je reviendrais surement l’année prochaine pour cette course. Ce coup-ci je saurais pour le départ, c’est le métier qui rentre comme on dit. Enfin, je remercie l’inventeur du régulateur de vitesse sur les voitures. Car même si les jambes étaient bien, je ne me suis pas étiré (après une course, c’est déconseillé je crois, ça a attendu la douche deux heures plus tard), rouler pendant 1h15 avec le pied sur l’accélérateur aurait été pénible, se caler à une vitesse et laisser la voiture rouler a été un grand moment de bonheur solitaire dans la voiture (ca va être interprété cette phrase, mais j’assume).

Prochaine échéance, le semi-marathon de Beaune. Ça sera l’occasion de profiter de ces vignobles que j’adore, et aussi de faire une course encore plus à fond ;).

la chevignoise

Lien vers la séance polar

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5 comments

  1. hum! entre les courses des uns et des autres, comment ne pas louper celles qui ne sont pas annoncées en boucle sur les réseaux sociaux, je dis ça , je ne dis rien, ça n’est pas du tout un message subliminal…du tout…bref, puisque j’ai loupé les encouragements de rigueur, voici au moins mes félicitations, et moi je dis que si tu es partie du fond et que la puce blablabla, hé ben tu l’as ton sub 40′, si!
    …sympa de mettre un visage sur un pseudo ;o))

  2. Merci, comme l’a dit un collègue sur un forum, je crois que je suis en train de me spécialiser sur un finish à 20 secondes de mes objectifs, ca laisse pleins de chose à faire l’année prochaine.

    Pour les reseaux sociaux, j’y peux rien, ils me débectent, ouù l’utilisation qui en est faite. Et pourtant, je les ais essayé (BBM, Facebook, Instagram). Je dois pas etre fait pour le web 2.0. Instagram est le seul que j’ai vraiment apprécié, une image vaut mieux que 100 mots. Dommage que le système ait été contourné (image uploadé depuis un ordi plutot que de son téléphone). Par choix de vie cependant, j’ai renoncé à avoir les données sur mon téléphone, du coup, ca limite le coté instantané. Mais j’aime bien les instantanées avant une course ou autre que proposent certains coureurs et coureuses, j’aime bien ce coté instantanée et partage, si je devais en utiliser un, ca serait celui ci. Mais promis, je m’accroche, un jour j’arriverais à apprivoiser Twitter, ou l’inverse ;).

    RDV peut etre à La Rochelle qui sait, je suis en train de développer des envies de marathon pour l’année prochaine. Un au printemps, et un à l’automne, et La Rochelle a pour toujours une place à part pour moi (mon premier et unique marathon), le parcours y est pour beaucoup, l’ambiance aussi..

  3. Joli compte-rendu !

    Vu ce que tu partages, franchement tu n’es pas loin du sub 40′. Je crois que tu as tout très bien analysé :
    – sur les 10, le départ est hyper important, “on met l’humilité au placard” plein de coureurs qui le font en 45 minutes essayent d’être devant au départ
    – sur mes dernières courses, j’ai pas mal tiré profit d’être avec des coureurs “de mon niveau” et que nous nous tirions un peu la bourre pour ne pas laisser l’un ou l’autre prendre de l’avance
    – les remarques à la con pendant les courses j’en entends de plus en plus : une course est une course, y’a un truc compétitif merde ! ceux qui ne s’intéresse pas à ça se mette sur le côté et vivent tranquillement leur truc mais qu’ils laissent les compétiteurs courir comme ils veulent !
    – j’ai fait le marathon de paris en 3h30’05” officiel, je connais un peu ce sentiment du near miss 😉
    – je te taquine à nouveau avec la FC mais franchement laisse la tomber sur une course si courte : ne compte que l’allure moyenne que tu fais et l’allure au kilo pour se guider dans l’effort à mon avis
    – les réseaux sociaux : moi j’adore twitter mais suis complètement en train de décrocher, trop d’infos tue l’info. Je n’ai quelques blogs bien choisis que je suis et mon cerveau s’en porte mieux. En tout cas la “blogosphère running” (autoproclamée) ne me plait pas du tout : bcp trop de business et pas de trucs écrits avec les tripes

    Autre détail : tu ne parles pas de ton échauffement, je crois pour les courses courtes qui démarrent au taquet et si tu souhaites faire un chrono il faut organiser un échauffement sérieux où après une quinzaine de minutes à trottiner il faut caser quelques sprints et une longue accélération progressive pour lever le frein vagal et se mette dans le rythme de la course à venir

    A bientôt

    1. Merci pour les conseils, j’ai encore pleins de choses à apprendre.
      Effectivement, j’avais fait un échauffement tranquille de 10mn, puis quelques longues accélérations. J’ai ainsi pu partir vite sans trop de soucis, hormis la foule 😉
      Pour la FC, disons que je m’entraine avec tous le temps, c’est mon approche (je suis plus à l’aise qu’un travail à l’allure facon JP Moncieux que je sais que tu utilises, j’ai testé, ca correspond pas à ma philosophie, j’en parlerais un jour, même si je suis convaincu que son approche d’entrainement à hautes intensités autour du seuil et à allure varié est par contre très intéressante et prometteuse, c’est aussi ce que je mets en pratique avec la FC). Mais effectivement, lors de cette course, j’avais choisi de l’ignorer. Je rapporte les valeurs, mais honnêtement, j’ai pas vraiment contrôler durant la course. Ni l’allure. N’étant pas un objectif prioritaire, j’avais chois de le faire au feeling, à fond mais sans non plus me faire trop mal.
      Pour la blogosphère, je suis jeune dans le domaine ;). Mais bon, les blogs que je suis sont plutôt du coté intimiste, voir gros râleur pour certains ;), ou alors pinailleur au possible. Les sites : “j’ai testé, j’ai aimé” en 15 lignes, très peu pour moins. Mais je sais que de ce coté, on suit les mêmes américains à Paris 😉

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